N° 5 · Lundi 31 août 2026 · Lecture : 29 min

Le Vertical Brief

L'économie des micro-dramas et de la fiction verticale, vérifiée à la source.

Au sommaire de ce cinquième numéro : une dizaine de projets présentés le 27 octobre à Singapour au premier upfront consacré au format, tous issus du catalogue de ses organisateurs, et aucune condition d'accès publiée. Le règlement chinois qui entre en vigueur le 1er septembre, définit le format par une durée de vingt minutes par épisode et non par le cadre de l'image, et soumet à autorisation les tournages réalisés en Chine pour une diffusion à l'étranger. Les 58 millions de téléchargements que pèse l'Europe sur 1,45 milliard, pour un coût d'acquisition qui y atteint 5,9 fois la référence du marché. Enfin trois concours francophones, dont deux ferment leurs dépôts ce soir, et ce que les documents publiés ne disent pas de ce qui les relie.

Une ligne traverse ce numéro : chacun de ces dispositifs existe avant ce qui permettrait de s'en servir. Un marché sans ses conditions d'accès, une dotation sans son montant, un régime d'autorisation sans ses critères de classement, un agenda du secteur sans ses liens déclarés.

Sept rubriques, toujours dans le même ordre, tous les lundis.

01 Le fait de la semaine

Le premier upfront du format, et ce qu'il ne dit pas encore

COL Group, VIRTUE Asia et V47 Entertainment ont annoncé le 26 août, au sommet ContentAsia de Bangkok, un événement intitulé Inside Microdramas, présenté comme le premier upfront consacré au micro-drama et à l'économie du vertical. Première édition annoncée pour le 27 octobre 2026 à Singapour.

Ce qui sera montré. La pièce centrale est une présentation intitulée First Look: The 2027 Slate. Une dizaine de projets portés par des créateurs et de concepts originaux y seront dévoilés, présentés par COL Group comme ouverts à des partenariats en phase précoce, et décrits dans les reprises professionnelles comme disponibles pour le développement et la production avec des partenaires marques. Suivent des rendez-vous nommés Greenlight Sessions, portant sur le co-développement, la commande, le financement et la distribution. La lettre professionnelle de Patrick Frater résume le dispositif : les entreprises participantes peuvent s'engager sur des projets avant qu'ils soient entièrement financés ou produits.

Ce que ce catalogue n'est pas. Les projets présentés proviennent du catalogue 2027 de COL Group et de V47 Entertainment. Il ne s'agit pas de dix emplacements ouverts auxquels des producteurs extérieurs pourraient candidater, et aucun appel à projets n'est publié. La distinction est matérielle pour qui envisagerait de s'y rendre avec un projet sous le bras.

Le cadre. L'annonce n'est pas un point de départ. COL Group et V47 Entertainment ont noué en juin 2026 un partenariat portant sur six marchés de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est, à savoir Singapour, la Malaisie, l'Indonésie, la Thaïlande, les Philippines et le Vietnam, avec des campagnes de marques annoncées comme devant suivre. L'événement du 27 octobre en constitue l'exécution.

Qui organise. COL Group est un éditeur numérique chinois fondé en 2000 et coté à la Bourse de Shenzhen sous le code 300364, présidé par Ray Tong. Il exploite les plateformes FlareFlow, Sereal+ et Unireel au Japon, ainsi que le studio 17K, et détient une participation dans Crazy Maple Studio, propriétaire de ReelShort. Sa division de distribution, COL Group International, établie à Singapour, annonçait plus de 1 700 titres en février et revendique aujourd'hui plus de 5 000 titres proposés en licence directe. Les deux périmètres ne sont pas identiques et je ne les présente pas comme une progression.

V47 Entertainment est une coentreprise lancée le 1er décembre 2025 entre VIRTUE Asia et Goldfinch International, cette dernière étant la division de financement, de production et d'écosystème créatif du groupe britannique Goldfinch. Le studio est établi à Singapour et opère sur l'Asie, le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et ce que ses communiqués désignent comme le Sud global. Goldfinch International n'apparaît pas parmi les organisateurs de l'événement.

La position exacte de VIRTUE Asia n'est pas établie. Les documents de décembre 2025 en font l'un des deux actionnaires de V47. Variety la décrit en juin 2026 comme une division de V47. Une entité nommée Vault47 Group apparaît par ailleurs sous la présidence de la même personne. Je n'ai consulté aucun document d'entreprise sur ce point.

Ce qui n'est pas publié. Le lieu précis à Singapour n'est pas annoncé. Aucun tarif, aucune page d'inscription, aucune billetterie et aucun régime d'accès ne sont publiés. Les organisateurs indiquent que le lieu, les intervenants et le détail du catalogue seront annoncés ultérieurement, et renvoient les personnes intéressées vers l'adresse de leur division de distribution.

Le régime des Greenlight Sessions n'est pas établi, et les sources divergent. La publication de COL Group les décrit comme mettant les participants en rapport avec les équipes des projets. La lettre professionnelle de Patrick Frater les réserve aux invités. Une troisième reprise les destine aux responsables marketing. Rien de publié n'établit qu'un producteur indépendant présent à l'événement y aurait accès.

Qui est concerné. Aucune entité francophone n'est associée à l'événement dans les sources consultées, et aucun document ne précise s'il est ouvert à un producteur européen indépendant ni à quelles conditions. La question leur a été adressée le 29 août, avec celle de la possibilité de soumettre une propriété intellectuelle extérieure au catalogue des organisateurs. Elle est sans réponse à la publication.

Un marché s'annonce donc avec son calendrier, son contenu et ses vendeurs, avant que ses conditions d'entrée soient connues.

Sourçage

Annonce d'Inside Microdramas par COL Group, VIRTUE Asia et V47 Entertainment, faite le 26 août 2026 au sommet ContentAsia LIVE de Bangkok pour un événement fixé au 27 octobre 2026 à Singapour. Publication de COL Group du 27 août 2026 sur son compte d'entreprise LinkedIn : elle qualifie l'événement de premier upfront mondial consacré aux micro-dramas et au divertissement vertical, confirme la date et le lieu, annonce une dizaine de projets portés par des créateurs et de concepts originaux ouverts à des partenariats en phase précoce, décrit les Greenlight Sessions comme mettant les participants en rapport avec les équipes des projets, indique que d'autres informations suivront et renvoie à une adresse de contact. La qualification d'upfront est donc celle des organisateurs. Le communiqué de presse lui-même, distinct de cette publication, a été demandé le 29 août 2026 et n'a pas été obtenu. Reprises consultées les 29 et 30 août 2026 : Variety, Señal News, Realscreen, Campaign Brief Asia et la lettre professionnelle de Patrick Frater. Ces reprises emploient des formulations très proches, y compris dans l'ordre des éléments, et procèdent d'une même source plutôt que de vérifications indépendantes. Le régime d'accès aux Greenlight Sessions diverge selon les sources, la publication de COL Group visant les participants et la lettre de Patrick Frater visant des invités. Partenariat entre COL Group et V47 Entertainment sur six marchés de l'ASEAN, annoncé le 17 juin 2026, rapporté par Variety, Campaign Brief Asia et Branding in Asia. Lancement de V47 Entertainment le 1er décembre 2025, rapporté par Variety, LBBOnline, Campaign Brief Asia et Marketech APAC. COL Group, cotation à la Bourse de Shenzhen sous le code 300364, périmètre de plateformes et participation dans Crazy Maple Studio, rapportés par C21Media en septembre 2025 et par Deadline en août 2025. Catalogue de la division de distribution : 1 700 titres selon Variety en février 2026, plus de 5 000 titres selon col-distribution.com au 29 août 2026, périmètres non identiques. Traduction de l'anglais. Question relative aux conditions d'accès pour un producteur européen indépendant et à la possibilité de soumettre une propriété intellectuelle extérieure au catalogue adressée aux organisateurs le 29 août 2026, sans réponse à la publication.

02 Radar marché

Le short drama est la seule catégorie où le nombre d'annonceurs et le volume de créations ont plus que doublé au premier semestre.

Le rapport publié le 17 août par Insightrackr et Mintegral relève une hausse de 132 % du nombre d'applications faisant activement de la publicité et de 151 % du volume de créations publicitaires, sur un an. Il indique qu'aucune autre des dix catégories mesurées ne voit ces deux indicateurs plus que doubler, et attribue au short drama la densité créative la plus élevée de la série, à 1 887 créations par application faisant activement de la publicité. Le commerce électronique dispose du parc le plus large, avec 13,3 millions de créations réparties sur 12 800 applications.

Le mouvement se produit dans un marché publicitaire qui se resserre. Sur l'ensemble du non-gaming, le volume mensuel de créations passe de 10,2 millions en janvier à 8,1 millions en juin, soit une baisse de 20 %, et le nombre de créations par application active recule de 105 à 85. La base d'annonceurs reste pour sa part stable, entre 94 100 et 97 200 applications sur le semestre. Les deux séries n'ont pas la même base : les hausses du short drama sont des variations annuelles, la contraction du non-gaming est une évolution mensuelle interne au semestre.

→ La pression publicitaire du format s'intensifie pendant que celle du marché qui l'entoure diminue. Ce que la série ne dit pas est si cette intensification correspond à une dépense en hausse. Une création publicitaire n'est pas un budget.

CNBC reprend le 26 août la revendication des 95 % dont le numéro 3 avait remonté la source, en corrigeant l'un des écarts documentés alors.

L'article rapporte qu'environ 128 000 séries courtes ont été diffusées en Chine au premier trimestre 2026, dont plus de 95 % produites par intelligence artificielle, en attribuant l'estimation à la China Netcasting Services Association. Le numéro 3 avait établi que la reprise anglophone la plus large jusqu'alors, celle de NBC News en juillet, retenait environ 100 000 titres et attribuait la donnée au People's Daily. CNBC retient le dénominateur du document d'origine et l'attribue à l'organisme qui l'a publié.

Le second écart demeure. Le numéro 3 avait montré que la catégorie mesurée par le guide de la CNSA absorbe les séries animées et les séries en style bande dessinée, et que le critère d'entrée dans cette catégorie n'est pas publié. La part de 95 % ne porte donc pas sur la fiction verticale jouée. Le même article attribue par ailleurs à la CNSA une estimation du marché chinois du micro-drama et du manju à environ 100 milliards de yuan, soit environ 15 milliards USD, pour 2025.

→ Trois valeurs de marché circulent désormais côte à côte sans périmètre commun. Les 15 milliards portent sur la Chine continentale. Le rapport traité en rubrique 03 exclut expressément la Chine continentale. Les 4 milliards analysés au numéro 4 relevaient d'un troisième découpage. Aucune des trois ne se compare aux autres sans que son périmètre soit énoncé.

FlareFlow et Shorts annoncent un accord portant sur quatre titres, déployé depuis le 21 août.

L'annonce, rapportée le 20 août, associe FlareFlow, l'une des plateformes de COL Group, et Shorts, service de vidéo verticale présenté comme établi en France. Les titres sont mis en ligne chaque semaine sur les deux services depuis le 21 août. Timothy Oh y est cité comme general manager de COL Group et directeur marketing de FlareFlow, formulation qui diffère de celle employée six jours plus tard à l'annonce de l'upfront traitée en rubrique 01. L'opération relève de la fenêtre du numéro précédent et n'y avait pas été traitée.

→ Le catalogue de COL Group avait été confié en février au distributeur Harbour Rights pour l'Europe et l'Amérique latine, opération rapportée au numéro 2. Un service français passe cette fois directement un accord d'approvisionnement avec la plateforme du groupe. La porte d'entrée européenne du format se construit par contrat, en l'absence de guichet public dédié.

COL Group et le conglomérat thaïlandais CP Group nouent un partenariat en trois volets, annoncé le 26 août.

Le premier volet est de distribution, avec l'ouverture dès septembre d'un espace FlareFlow au sein du service TaTang by TrueID. Le deuxième est de production, avec des adaptations thaïlandaises de titres du catalogue à compter d'octobre. Le troisième est un programme d'incubation destiné à former des compétences locales au drame court. L'annonce est intervenue dans le cadre du même rendez-vous professionnel que celle de l'upfront traitée en rubrique 01.

Deux autres opérations sont relevées dans la même semaine par la lettre professionnelle de Patrick Frater, un accord entre le service indonésien Vidio et ReelShort, et la première série coréenne de Loomi, société qui déclare recourir largement à l'intelligence artificielle pour sa production. Je n'ai pas retrouvé les communiqués correspondants et ces deux éléments sont rapportés sans vérification en source primaire.

→ Le partenariat thaïlandais couvre la mise à disposition du catalogue, sa réadaptation locale et la formation de ceux qui la produiront. Un distributeur qui finance l'apprentissage du format sur le marché qu'il ouvre ne vend pas seulement des droits, il installe une filière destinée à l'alimenter.

Sourçage

Insightrackr et Mintegral, H2 2026 Global Non-Gaming App Trends Report, mis en ligne le 17 août 2026, données du premier semestre 2026, périmètre hors Chine continentale, méthodologie détaillée en rubrique 03. CNBC, article du 26 août 2026 sur l'économie de la production chinoise de séries courtes ; le site bloque la récupération automatique et l'article n'a pas été obtenu, les valeurs rapportées ici proviennent d'un extrait de recherche et n'ont pas été vérifiées sur la page. China Netcasting Services Association, estimations citées par ce même article, source primaire non consultée pour ce numéro. Deadline, annonce de l'accord entre FlareFlow et Shorts, 20 août 2026, déploiement à compter du 21 août 2026. COL Group et Harbour Rights, partenariat de distribution de février 2026, rapporté au numéro 2. COL Group et CP Group, partenariat annoncé le 26 août 2026 lors du sommet ContentAsia de Bangkok, trois volets relevés dans les reprises professionnelles ; communiqué d'origine non obtenu. Patrick Frater, lettre professionnelle du 27 août 2026, pour les opérations Vidio et ReelShort et pour Loomi ; communiqués correspondants non retrouvés. Consultations du 29 août 2026.

03 Le chiffre vérifié

L'Europe, 4 % des téléchargements et un coût Android à 5,9 fois la référence

Insightrackr et Mintegral ont mis en ligne le 17 août le H2 2026 Global Non-Gaming App Trends Report, accompagné le 18 août d'un billet de présentation signé par le responsable marketing pour l'Europe et les États-Unis de Mintegral. Le document porte sur le premier semestre 2026 et traite pour la première fois le short drama comme une catégorie distincte du divertissement. Il contient les seules données régionales publiées cette année sur le coût d'acquisition du format en Europe.

Ce que le rapport mesure, et ce qu'il exclut. Le périmètre exclut la Chine continentale. Toutes les valeurs ci-dessous décrivent donc le marché hors du pays qui produit le plus d'œuvres du format.

Le document combine deux sources de nature différente, et il le déclare. Les téléchargements sont des estimations modélisées d'Insightrackr, construites à partir de signaux de magasins d'applications, de signaux publicitaires et d'autres signaux de marché. Les coûts par installation et les revenus par mille impressions proviennent des seules données agrégées et anonymisées de la plateforme Mintegral, et sont publiés en indices rapportés à une base 100 correspondant à la moyenne mondiale des applications non-gaming du même système d'exploitation. Le rapport précise que ces indices donnent des niveaux relatifs et non absolus. Aucun montant en monnaie n'en sort.

Enfin, la catégorie mesurée réunit des applications, non des œuvres. Un téléchargement compte une installation d'application, pas un spectateur ni une série.

La catégorie qui croît le plus vite est une petite catégorie. Le short drama atteint 1,45 milliard de téléchargements au premier semestre 2026, en hausse de 95,5 % sur un an, la progression la plus forte de toutes les catégories mesurées. Le rapport situe ce volume légèrement au-dessus de la santé et de la remise en forme, à 1,44 milliard. Les utilitaires et le divertissement totalisent à eux deux 22,4 milliards de téléchargements, soit environ 47 % du marché non-gaming du semestre, lui-même établi à 47,5 milliards en hausse de 16,6 %.

Ce que pèse l'Europe. L'Asie du Sud-Est apporte 518 millions de téléchargements de short drama, l'Amérique latine 355 millions, l'Asie-Pacifique hors Asie du Sud-Est et Moyen-Orient 330 millions. L'Europe en apporte 58 millions.

Le rapport relève lui-même ce qui se passe malgré cet écart. La densité créative, définie comme le nombre de créations publicitaires divisé par le nombre d'applications faisant activement de la publicité, s'établit à 1 184 en Europe et à 1 125 en Asie du Sud-Est. Les annonceurs y font tourner presque autant de créations par application, sur un marché neuf fois plus petit. Le document en tire deux environnements concurrentiels distincts, une rotation créative concentrée d'un côté et une portée d'audience étendue de l'autre.

L'indice de coût par installation donne la mesure de l'écart. Sur Android, le short drama s'établit à 588 en Europe et à 1 231 en Amérique du Nord, contre 95 en Asie du Sud-Est. Rapporté à la base 100, cela place le coût d'acquisition européen à 5,9 fois la référence Android des applications non-gaming, et le coût sud-est asiatique à un peu moins de la référence.

L'asymétrie entre systèmes d'exploitation mérite d'être relevée. Sur iOS, les mêmes valeurs sont de 80 en Europe, 170 en Amérique du Nord et 44 en Asie du Sud-Est. Le coût d'acquisition européen du format y passe donc sous la référence iOS des applications non-gaming. Les deux indices ne se comparent pas entre eux, chacun étant rapporté à la base de son propre système d'exploitation. Ce que la série établit est que le renchérissement européen relevé plus haut est un phénomène Android.

Un recoupement. Le numéro 3 publiait, d'après le DataEye Research Institute, 1,441 milliard de téléchargements d'applications de micro-drama hors de Chine continentale sur le même semestre, en hausse d'environ 79 % sur un an. Le présent rapport en publie 1,45 milliard, sur le même périmètre géographique, en hausse de 95,5 %.

Deux estimateurs distincts, travaillant par des méthodes différentes, s'accordent donc à moins de 1 % sur le niveau et divergent de 16,5 points sur le taux de croissance. L'écart tient soit aux bases retenues pour 2025, soit à la composition exacte des parcs d'applications, aucune des deux méthodes n'étant publiée avec assez de détail pour trancher. La convergence sur le niveau est notable dans un secteur où les valeurs de marché varient d'ordinaire du simple au double.

Ce que le format vend, et par quoi. Le rapport publie la composition des modes de monétisation pour dix catégories. Le short drama se répartit en 39,9 % d'applications monétisées par la seule publicité et 57,6 % en mode hybride. La troisième valeur n'est pas imprimée sur le graphique et se déduit du complément à cent, soit 2,5 % d'applications monétisées par les seuls achats intégrés.

C'est la part d'achats intégrés exclusifs la plus basse des dix catégories mesurées. La finance suit à 6,9 %, les réseaux sociaux ferment la série à 26,1 %. En additionnant les deux modes qui comportent de la publicité, la présence publicitaire atteint 97,5 % des applications de short drama, la valeur la plus élevée du graphique, devant la finance à 93 % et les utilitaires à 89,7 %.

Le format est décrit partout, y compris dans le bulletin syndical analysé au numéro 2, comme reposant sur le déblocage payant épisode par épisode. Mesurée en applications, la catégorie est celle où la monétisation exclusivement payante est la plus rare et où la publicité est la plus répandue.

La réserve qui commande cette lecture. L'unité est l'application, non le revenu. Le graphique porte la mention selon laquelle les parts sont calculées parmi les seules applications présentant un signal de monétisation détecté, les autres étant exclues. Une part faible d'applications en achats intégrés exclusifs n'établit donc pas une part faible de recettes issues des achats intégrés. Le mode hybride comporte lui-même des achats intégrés, et 60,1 % des applications de la catégorie en font usage sous une forme ou une autre. La série décrit une composition de l'offre, pas une composition des recettes.

Ce qui ne se déduit pas de ces chiffres. Aucune audience, puisque les téléchargements comptent des installations. Aucun revenu, puisque les parts comptent des applications. Aucun coût en monnaie, puisque les indices sont des rapports à une base. Et rien sur la Chine continentale, exclue du périmètre.

Sourçage

Insightrackr et Mintegral, H2 2026 Global Non-Gaming App Trends Report, mis en ligne le 17 août 2026 sur mintegral.com, billet de présentation du 18 août 2026 signé James Haslam, responsable marketing pour l'Europe et les États-Unis. Données du premier semestre 2026, comparaisons annuelles établies sur 2025. Périmètre déclaré : hors Chine continentale, classifications régionales exclusives, l'Asie-Pacifique excluant l'Asie du Sud-Est et le Moyen-Orient. Méthodologie déclarée : téléchargements estimés par modélisation d'Insightrackr à partir de signaux de magasins d'applications, de signaux publicitaires et d'autres signaux de marché ; indices de coût par installation et de revenu par mille impressions établis sur les seules données agrégées et anonymisées de la plateforme Mintegral, en base 100 rapportée à la moyenne mondiale des applications non-gaming du même système d'exploitation. Le graphique de composition de la monétisation porte la source Insightrackr et la mention d'un calcul opéré parmi les seules applications à signal de monétisation détecté. La part de 2,5 % en achats intégrés exclusifs pour le short drama et la part de 60,1 % d'applications recourant aux achats intégrés sous une forme ou une autre sont des compléments arithmétiques des deux valeurs imprimées, 39,9 % et 57,6 %. Le rapport comporte une clause de non-reproduction ; il est cité et non reproduit. Consultation du 29 août 2026. Recoupement avec le DataEye Research Institute, bilan du premier semestre 2026 sur le micro-drama à l'international, relevé au numéro 3 ; données d'estimation non auditées, périmètre des applications exploitées hors de Chine continentale. Attention au nommage : un rapport homonyme publié le 11 février 2026 par les mêmes partenaires porte sur janvier à décembre 2025, sous le même titre visible. Une part de 83 % des téléchargements de short drama attribuée aux marchés émergents circule dans la presse professionnelle et n'a pas été retrouvée dans le texte du rapport consulté ; question adressée à l'éditeur le 29 août 2026, sans réponse à la publication.

Le brief, chaque lundi avant 7h

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04 Réglementaire & social

Vingt minutes par épisode, et une autorisation préalable à partir du 1er septembre

L'Administration nationale de la radio et de la télévision a publié le 31 juillet les Mesures administratives pour le développement des micro-dramas, adoptées en réunion exécutive le 27 juillet et signées le 30 juillet par sa directrice générale Cao Shumin. Le texte compte cinquante-quatre articles répartis en huit chapitres. Il entre en vigueur le 1er septembre 2026, soit le lendemain de la parution de ce numéro. C'est le premier régime réglementaire d'ensemble applicable au format dans le pays qui en produit le plus.

La définition retenue. L'article 2 vise les séries dont chaque épisode dure moins de vingt minutes, dotées d'un thème et d'une ligne narrative clairs, d'une intrigue continue et complète et de personnages marqués. Le champ couvre la diffusion publique sur le territoire de la République populaire de Chine, par sites internet, applications et plateformes de distribution, chaînes et espaces de radio-télévision, télévision par internet, télévision interactive et câble, sur des terminaux allant du téléviseur au téléphone, à la tablette, à l'ordinateur, aux écrans publics et aux appareils portables ou embarqués. Ni le rapport 9:16 ni l'orientation verticale ne figurent dans le texte.

Le Vertical Programs Agreement de SAG-AFTRA, analysé au numéro 2, retient pour le même objet un faisceau plus étroit : un programme enregistré et exploité au rapport 9:16, mis à disposition en nouveaux médias par chapitres d'environ trois minutes ou moins, destiné à une exploitation initiale et principale sur plateforme mobile. La durée y figure donc aussi, mais assortie d'une condition d'orientation de l'image et d'une condition de plateforme que le texte chinois ne pose pas.

L'écart porte sur l'étendue. Le seuil chinois de vingt minutes couvre tout ce que couvre la définition américaine, et bien davantage. Une série horizontale de quinze minutes par épisode relève du règlement chinois et d'aucune stipulation de l'accord américain. Un producteur engagé dans une coproduction relève des deux textes, sur des périmètres qui ne coïncident pas.

Trois catégories, et les montants qui les séparent. L'article 5 classe les micro-dramas selon le montant d'investissement et le sujet. La catégorie une réunit les œuvres à investissement élevé et celles dont l'intrigue principale porte sur des sujets qualifiés de spéciaux, la liste couvrant la politique, le militaire, la diplomatie, la sécurité nationale, le front uni, les questions ethniques, la religion, la justice et la sécurité publique. La catégorie deux vise les œuvres à investissement relativement faible traitant d'un sujet général. La catégorie trois vise les œuvres à investissement faible traitant d'un sujet général.

Le même article renvoie la fixation des critères de classement à l'autorité centrale, avec ajustement en fonction de la situation du secteur. Le règlement ne reprend donc aucun montant. Des seuils existent par ailleurs, publiés antérieurement et relevés au numéro 3 : depuis le 1er janvier 2026, le micro-drama ordinaire du régime général est défini par un investissement compris entre 1 000 000 et 3 000 000 de yuans, la catégorie prioritaire s'ouvrant à 3 000 000 de yuans, et la norme applicable aux micro-dramas produits par intelligence artificielle depuis le 1er juillet 2026 retient 800 000 et 300 000 yuans.

La question ouverte n'est donc pas l'absence de seuils, c'est leur articulation. Aucun texte consulté n'indique si ces critères antérieurs continuent de s'appliquer sous le nouveau règlement ou si d'autres seront arrêtés. À la date de parution, un producteur ne peut pas établir avec certitude la catégorie dont relève son projet, ni par conséquent la procédure qui lui est applicable.

Ce que la classification déclenche. Les œuvres de catégorie une sont soumises à un dépôt avec publication avant tournage, auprès de l'autorité provinciale ou d'un échelon supérieur. Le dossier comprend un formulaire et un synopsis. La publication en ligne porte sur le titre et l'organisme de production. Les œuvres de catégorie deux peuvent être soumises au même dépôt. L'article 16 impose une nouvelle procédure de dépôt en cas de modification du positionnement des personnages principaux ou de l'orientation générale de l'histoire.

Avant diffusion, les catégories une et deux passent par un contrôle de contenu et une autorisation. La première reçoit une Licence de diffusion de micro-drama, la seconde un document d'approbation délivré au niveau provincial. La catégorie trois relève d'un contrôle exercé par le diffuseur lui-même, qui attribue un numéro de programme et le déclare en ligne à l'administration. L'article 17 ferme le dispositif : une œuvre dépourvue de licence, de document d'approbation ou de numéro de programme ne peut être ni diffusée ni présentée à un prix. L'article 20 laisse vingt jours à l'administration pour statuer sur une œuvre de catégorie une, dont dix jours d'évaluation par experts. L'article 21 interdit de transférer à une autre autorité un dossier déjà déposé et non tranché.

Ce qui atteint une production non chinoise. L'article 52 soumet aux dispositions du règlement relatives au dépôt, à la publication, au contrôle et à l'autorisation les micro-dramas tournés sur le territoire chinois et destinés à une diffusion à l'étranger. Le lieu de tournage commande donc l'application du régime, indépendamment du marché visé. Le même article renvoie les coproductions sino-étrangères et l'importation d'œuvres étrangères à des dispositions distinctes de la même autorité, qu'il ne reproduit pas et que je n'ai pas identifiées.

L'article 19 ajoute une pièce au dossier de contrôle des œuvres de catégorie une : la copie du document par lequel l'autorité de radio-télévision a autorisé l'emploi de personnel étranger dans la production. L'article 8 déclare par ailleurs soutenir la création tournée vers l'extérieur, faciliter la participation de créateurs étrangers et encourager la diffusion simultanée en Chine et hors de Chine. L'encouragement et la formalité figurent dans le même texte.

L'étiquetage des contenus produits par intelligence artificielle. L'article 34 impose aux organismes de production et aux diffuseurs d'apposer une mention en position visible sur chaque épisode des micro-dramas générés ou produits au moyen de l'intelligence artificielle, dans les conditions prévues par la réglementation nationale applicable.

L'obligation porte sur l'œuvre et sur chacun de ses épisodes. Elle ne comporte aucune condition tenant à la ressemblance avec une personne ou une situation réelle. L'article 50, paragraphe 4, du règlement (UE) 2024/1689, applicable depuis le 2 août et traité au numéro 2, subordonne au contraire l'obligation de divulgation de l'hypertrucage à une ressemblance avec des personnes, objets, lieux, entités ou événements existants, au sens de la définition de l'article 3, point 60. Une série entièrement peuplée d'interprètes de synthèse ne ressemblant à aucune personne existante ne relève pas, pour ce seul motif, de l'obligation européenne de divulgation applicable aux hypertrucages. D'autres obligations de transparence de l'article 50 peuvent jouer selon le système employé, comme le numéro 2 l'établissait. Elle entre en revanche dans le champ de l'obligation chinoise, qui ne pose aucune condition de ressemblance.

L'article qui atteint le modèle économique. L'article 37 impose aux diffuseurs d'auditer périodiquement leurs mécanismes algorithmiques, leurs modèles, leurs données et leurs résultats, de recommander en priorité les œuvres de qualité, et leur interdit d'utiliser des modèles algorithmiques induisant l'addiction des utilisateurs ou une consommation excessive. L'article 40 impose, pour les contenus payants, une information claire sur les frais dans le contrat conclu avec l'utilisateur.

L'interdiction de l'article 37 porte sur les modèles algorithmiques susceptibles d'induire l'addiction ou une consommation excessive, et non sur le déblocage payant épisode par épisode, que le texte ne nomme nulle part. Dans un format dont les recettes reposent largement sur ce déblocage après une accroche gratuite, la combinaison des articles 37 et 40 ouvre néanmoins une question économique : celle de la manière dont le régulateur appréciera le lien entre recommandation algorithmique et incitation à payer. Aucune décision n'est intervenue à ce jour.

Les questions ouvertes. Deux subsistent à la parution. L'articulation entre les seuils antérieurs et le nouveau régime de classification n'est pas établie. Les dispositions régissant les coproductions sino-étrangères, auxquelles renvoie l'article 52, ne sont pas identifiées.

Le numéro 3 annonçait l'entrée en vigueur de ce texte au 1er septembre et signalait que le projet soumis à consultation le 24 juin prévoyait un régime d'autorisation de diffusion. Le texte définitif le confirme.

Sourçage

Administration nationale de la radio et de la télévision, ordonnance numéro 16, Mesures administratives pour le développement des micro-dramas, texte intégral publié le 31 juillet 2026 sur nrta.gov.cn, articles 2, 5, 8, 16, 17, 19, 20, 21, 25, 34, 37, 40 et 52. Adoption en réunion exécutive le 27 juillet 2026, signature le 30 juillet 2026, entrée en vigueur au 1er septembre 2026. Consultation du 29 août 2026. Traduction du chinois par l'auteur. La date d'entrée en vigueur, le seuil de vingt minutes par épisode, la classification en trois catégories, les onze catégories de contenus interdits de l'article 25 et l'obligation d'étiquetage par épisode de l'article 34 sont confirmés par les dépêches de l'agence Chine nouvelle du 31 juillet 2026. Le projet de texte avait été mis en consultation publique le 24 juin 2026, avec clôture au 23 juillet 2026. Règlement (UE) 2024/1689, articles 3 point 60 et 50 paragraphe 4. SAG-AFTRA, 2025 Special Agreement for Independent Producers of Vertical Programs, version 2, définition des Verticals. Périmètre : Chine continentale. Seuils antérieurs du régime général et du régime applicable aux micro-dramas produits par intelligence artificielle : relevés au numéro 3, d'après la note de gestion du 25 juin 2026 applicable au 1er juillet 2026 et les relais professionnels chinois consultés alors. Le règlement du 31 juillet 2026 ne reprend aucun montant et aucun texte consulté n'établit l'articulation entre ces seuils antérieurs et le nouveau régime.

05 La fenêtre francophone

Trois concours francophones, et ce qui les relie

Le numéro précédent relevait qu'un seul appel spécifiquement consacré au format était alors ouvert en France, émanant d'une marque de cosmétique et courant jusqu'au 31 août. Le constat était exact au 24 août. Cet appel se clôt ce soir. Trois autres dispositifs francophones sont depuis identifiés, dont l'un ferme ses dépôts à la même heure. Aucun guichet public dédié n'est apparu.

Le Vertival, dépôts à partir du 15 septembre. Le dispositif se présente comme le premier concours français entièrement consacré à la fiction verticale. Il est fondé par Isabelle Guénézan et Lisa Azuelos, cette dernière présidant le jury 2026. Les dépôts ouvrent le 15 septembre et se clôturent le 15 octobre. Le vote du public court d'octobre à novembre, les délibérations se tiennent en novembre, la cérémonie est fixée au 27 novembre. Le lieu n'est pas annoncé, et la composition du jury est annoncée comme devant être publiée ultérieurement.

La participation est gratuite, dans la limite de trois projets par candidat. Elle suppose de produire trois épisodes pilotes de deux minutes au maximum, au format 9:16, accompagnés d'un synopsis de saison. Le candidat en supporte le coût, le règlement précisant que tout type de matériel est admis.

Deux lauréats sont désignés, l'un par le jury et l'autre par le public. Le bloc de présentation de la page annonce pour chacun une dotation financière, un accompagnement artistique et professionnel, et une aide au développement d'une première saison de trente épisodes de deux minutes. L'article 6 du règlement, publié sur la même page, annonce une aide au développement et à la production de cette même saison. La production figure dans le texte contraignant et disparaît du texte de présentation. Le même article 6 indique que la valeur totale des dotations sera annoncée ultérieurement. Ni le montant ni l'entité qui le verse ne sont publiés.

L'article 7 laisse aux auteurs l'intégralité de leurs droits. L'autorisation consentie au concours se limite à la diffusion dans le cadre de l'événement, à sa promotion et au vote. Toute exploitation ultérieure suppose un accord spécifique.

L'article 2 ouvre le concours à toute personne résidant dans un pays francophone, sans liste des pays retenus. Question adressée aux organisateurs le 29 août, sans réponse à la publication.

AIME 2026, dépôts clos ce soir. Le concours européen de micro-drama produit par intelligence artificielle ferme ses dépôts le 31 août à 23 h 59 min 59 s, heure de Paris. Les inscriptions sont closes depuis le 31 juillet, et seuls les participants dont l'inscription a été acceptée, et qui ont reçu à ce titre un lien de dépôt individuel, peuvent encore déposer. Un lecteur qui découvre le dispositif ce matin ne peut donc pas y entrer. Le grand prix s'élève à 10 000 EUR, quatre prix de catégorie à 1 000 EUR chacun. Le jury réunit Hadrien Gautrot, Jean Mach, Philippe Muyl et Elliot Grove.

Deux points de règlement méritent d'être relevés. La foire aux questions du site indique que la publication de l'affiche sur les réseaux sociaux, avec identification du compte de l'organisateur, est obligatoire pour participer. La section 1.5 du règlement, publiée sur le même domaine, présente cette publication comme une condition d'éligibilité au seul prix de la meilleure affiche. Les deux textes ne disent pas la même chose. Par ailleurs, l'article 1.3 qualifie l'œuvre attendue de court métrage d'une durée supérieure à deux minutes et inférieure à trois minutes en son point b, et de mini-série en son point d.

L'article 4.c prévoit que les œuvres primées peuvent faire l'objet d'une négociation prioritaire en vue d'une acquisition de droits. L'organisateur, MINI CLAP, se décrit lui-même comme une marque de production et de distribution et comme une passerelle entre les industries chinoise et européenne du micro-drama, s'appuyant sur l'expérience chinoise de production et de distribution. Son appartenance à un groupe médiatique chinois implanté en Europe est mentionnée sur un site tiers du secteur, non sur le site du concours. Le nom de l'association organisatrice varie selon les documents, entre European Microdrama Association, Association européenne du micro-drame et Association européenne du court métrage dramatique.

Le Duanju Festival, dépôts jusqu'au 15 novembre. Ce concours de scénario est gratuit. Il attend un dossier de deux pages et les deux premiers épisodes dialogués, accompagnés de l'arc d'une saison d'environ quarante épisodes. La sélection officielle est annoncée pour le 1er décembre et le palmarès pour le 21 décembre. Aucune date d'ouverture n'est publiée, ce qui empêche d'établir si l'appel était déjà ouvert lors de la parution du numéro précédent.

Les projets retenus sont proposés aux diffuseurs par l'intermédiaire de Sanjorge Distribution. Le règlement recommande aux candidats de protéger leurs concepts auprès de la SACD ou de l'INPI avant tout envoi.

Ce qui relie ces dispositifs. L'agenda qui recense les rendez-vous francophones du format, duanju.events, est édité par l'association Studio Phocéen, créée en 2007 à Marseille. La même association édite Duanju News, média professionnel consacré au secteur, fondé par Guillaume Sanjorge. Sanjorge Production organise le Duanju Festival. Sanjorge Distribution reçoit les projets qui y sont primés.

Guillaume Sanjorge présente par ailleurs le concours AIME en vidéo sur le site de celui-ci. Il siège au jury du prix Best Micro-Drama des Asian Academy Creative Awards. Il a siégé au jury du Beluga Pioneer Award au salon GTC de Shanghai. Il intervient le 1er octobre au FilmFest Hamburg sur le modèle économique de la fiction verticale en Europe. Duanju.events l'annonce enfin au jury du Vertival, information que je n'ai pas trouvée sur le site du concours, lequel indique que la composition du jury sera publiée ultérieurement.

Le même ensemble produit, distribue, édite un média professionnel consacré au secteur, en édite l'agenda, organise l'un des trois concours, participe aux jurys ou à la présentation des deux autres, et annonce une application de diffusion sur laquelle les lauréats d'un concours associé se verront proposer un outil de commercialisation.

Ce que ce constat n'établit pas. Aucun de ces liens n'est dissimulé. Ils se lisent tous sur des pages publiques, et c'est ainsi que je les ai relevés. Aucune règle n'est enfreinte, aucun de ces dispositifs ne prétend à une indépendance qu'il n'aurait pas, et le cumul des fonctions est ordinaire dans un secteur naissant où le nombre d'acteurs disponibles est faible. Le constat porte sur la structure, non sur les personnes.

Ce qui manque en revanche est la déclaration. Aucun des documents consultés ne signale ces liens au lecteur ou au candidat. Un auteur qui dépose au Duanju Festival est renseigné sur le fait que ses projets iront à Sanjorge Distribution, puisque le règlement le dit. Un auteur qui lit l'agenda du secteur pour choisir entre trois concours n'apprend nulle part qu'il lit l'agenda de l'organisateur de l'un d'eux.

Ma position. Je ne produis pas, je ne distribue pas et je ne siège dans aucun jury du secteur que je couvre. Cette lettre ne perçoit aucune rémunération d'un acteur du secteur. Il m'a paru nécessaire de l'écrire dans la rubrique qui relève l'absence de telles déclarations chez d'autres.

Sourçage

Le Vertival : page et règlement publiés sur vertival.fr, articles 2, 6 et 7, consultation du 29 août 2026. Divergence relevée entre le bloc de présentation de la page et l'article 6 du règlement quant à l'aide à la production. Question relative à la liste des pays éligibles, à la formulation faisant foi sur l'aide à la production et à la date d'annonce du montant des dotations adressée aux organisateurs le 29 août 2026, sans réponse à la publication. AIME 2026 : site et règlement publiés sur aimemicrodrama.com, sections 1.3, 1.5 et 4.c, ainsi que foire aux questions, consultation du 29 août 2026. L'appartenance capitalistique de MINI CLAP est rapportée par duanju.events et n'a pas été retrouvée sur le site du concours ; aucun document d'entreprise n'a été consulté. Duanju Festival, association Studio Phocéen, Duanju News, Sanjorge Production et Sanjorge Distribution : pages publiées sur duanju.events, consultation du 29 août 2026, avec renvoi aux annonces de l'association au Journal officiel. La participation de Guillaume Sanjorge au jury du Vertival est rapportée par duanju.events et n'apparaît pas sur vertival.fr, qui annonce la composition du jury pour une date ultérieure. La participation au jury du prix Best Micro-Drama des Asian Academy Creative Awards est rapportée par duanju.events et n'a pas été vérifiée auprès de l'organisateur du prix. Traduction de l'anglais pour l'intitulé de l'intervention au FilmFest Hamburg. Les dispositifs publics bruxellois, flamands, suisses et québécois n'ont pas été examinés pour ce numéro.

06 Signal faible

Un upfront pour un format sans mesure d'audience

Hypothèse, pas fait établi.

Le modèle est déclaré depuis neuf mois. V47 Entertainment, coorganisateur de l'événement traité en rubrique 01, a été lancé le 1er décembre 2025 comme coentreprise entre VIRTUE Asia et Goldfinch International, division de financement, de production et d'écosystème créatif du groupe britannique Goldfinch. Le communiqué de lancement annonce l'intégration des partenariats de marque au stade du développement, un modèle propriétaire destiné à orienter l'investissement des marques, et le projet de constituer un fonds dédié au divertissement de marque assorti d'un accélérateur de contenus. Son président y déclare vouloir donner aux marques une place à la table de création, non comme commanditaires mais comme partenaires de développement.

Ce que l'annonce d'août ajoute. Inside Microdramas, annoncé le 26 août pour le 27 octobre à Singapour, place en pièce centrale une présentation intitulée First Look: The 2027 Slate. Une dizaine de projets portés par des créateurs et de concepts originaux y seront montrés. Ils proviennent du catalogue 2027 de COL Group et de V47 Entertainment, et sont annoncés par COL Group comme ouverts à des partenariats en phase précoce. Aucun appel à projets extérieur n'est publié. Suivent des rendez-vous nommés Greenlight Sessions, portant sur le co-développement, la commande, le financement et la distribution. La lettre de Patrick Frater résume le dispositif en une formule utile : les entreprises participantes peuvent s'engager sur des projets avant qu'ils soient entièrement financés ou produits.

Le principe n'est donc pas neuf. Ce qui l'est, c'est le lieu de transaction. Le programme comporte par ailleurs un panel dont le titre pose la question directement, Are Brands Becoming the New Studios?, et une session de VIRTUE Asia intitulée Why Brands Need Entertainment, Not More Content.

Le mouvement n'est pas isolé. TikTok a ouvert le 29 juin un dispositif permettant aux marques de produire et de publier des séries épisodiques directement sur la plateforme, avec une solution publicitaire dédiée à leur diffusion. Le numéro précédent relevait un appel à candidatures émanant non d'un guichet public mais d'une marque de cosmétique.

Ce que le mot upfront désigne d'ordinaire. Un upfront est une vente anticipée d'inventaire publicitaire, tenue avant la saison de diffusion. Elle repose historiquement sur une mesure d'audience acceptée par les deux parties, qui sert de référence à l'engagement et de base au dédommagement lorsque l'audience livrée reste inférieure à l'audience promise. L'unité de compte précède la transaction.

L'hypothèse. Le format importe l'instrument sans importer l'unité de compte. La rubrique 03 de ce numéro établit qu'aucune des séries publiées ne mesure une audience : les téléchargements sont des estimations modélisées, les créations publicitaires comptent des visuels, les indices de coût sont des rapports à une base. Le numéro 3 avait établi la même chose des classements hebdomadaires les plus repris du secteur.

Un upfront classique vend un inventaire mesuré. Celui-ci vend une place à l'origine d'un projet. Le déplacement vers l'amont peut donc relever moins d'une préférence créative que d'une contrainte : en l'absence d'une mesure d'audience commune aux parties, il manque l'unité sur laquelle bâtir une garantie comparable à celle d'un upfront classique, et l'engagement précoce sur la propriété intellectuelle est une forme de transaction qui n'en dépend pas. La marque n'achèterait pas plus tôt parce que c'est mieux, mais parce que le marché ne dispose pas encore de ce qu'il faudrait pour vendre plus tard.

Le contre-argument. Aucun projet financé par une marque selon ce schéma n'est documenté à ce jour. L'événement n'a pas eu lieu, le lieu n'est pas annoncé, et le catalogue lui-même n'est pas publié. L'annonce est le produit de son organisateur, et décrire un marché du financement amont est précisément ce qu'il vend.

Le financement de fiction par des marques n'est par ailleurs pas nouveau, et il porte un nom ancien. Ce qui serait neuf n'est pas l'argent des marques dans le récit, mais son entrée au stade du développement dans un format dont les recettes reposent sur le déblocage payant épisode par épisode. Or aucun document publié n'indique qui détient la propriété intellectuelle ni comment se partagent ces recettes lorsque la marque a financé en amont. La question reste entière.

Sourçage

Annonce d'Inside Microdramas : sources, réserve de reprise unique et question sur la structure de VIRTUE Asia détaillées en rubrique 01. Titres de sessions et description du catalogue 2027 relevés dans ces mêmes reprises ; aucun appel à projets extérieur n'a été trouvé publié. Lancement de V47 Entertainment le 1er décembre 2025 et déclarations de David Webster, président de V47 : communiqué de lancement repris par Variety, LBBOnline, Campaign Brief Asia, Marketech APAC et Marketing-Interactive, consultés le 29 août 2026. Traduction de l'anglais. TikTok, annonce du dispositif Mini Dramas et de la solution Growth Max, 29 juin 2026. Appel de la marque de cosmétique, rapporté au numéro 4. La description du fonctionnement d'un upfront publicitaire est donnée à titre de contexte et ne repose pas sur un document propre au secteur du micro-drama. Aucune opération de financement conclue selon ce schéma n'a été identifiée.

07 La phrase de la semaine

Timothy Oh, general manager international de COL Group, à l'annonce de l'upfront Inside Microdramas le 26 août, au sommet ContentAsia de Bangkok.

Il y déclare que les micro-dramas « ne sont pas toute l'histoire », et qu'ils constituent le premier signal d'un déplacement plus large dans la manière dont le divertissement est créé, distribué, financé et regardé. Il ajoute que l'événement doit porter la discussion au-delà du format lui-même, vers l'économie du vertical qui se constitue autour de lui, et ouvrir aux marques une participation plus précoce, non pas comme annonceurs mais comme partenaires de construction de propriétés intellectuelles. (Traduction de l'anglais.)

Pourquoi c'est intéressant. La déclaration émane de l'organisateur d'un événement commercial, dont l'intérêt est d'élargir la catégorie qu'il vend à ses participants. Elle appelle à ce titre la même réserve que celle formulée au numéro 2 à propos de l'opérateur d'un marché international.

La position de celui qui parle mérite pourtant d'être relevée. COL Group est le groupe dont les plateformes FlareFlow et 17K ont fourni le portefeuille de plus de mille fictions verticales confié en février au distributeur Harbour Rights pour l'Europe et l'Amérique latine, opération rapportée au numéro 2. Le détenteur du catalogue le plus étendu publiquement documenté est aussi celui qui relativise le format sur lequel ce catalogue est bâti.

Le numéro précédent séparait les 4 milliards USD annoncés pour le micro-drama des 150 milliards annoncés pour l'économie verticale, et montrait que la confusion des deux périmètres explique une part des écarts observés entre publications. La même frontière réapparaît ici, tracée par un acteur du marché. Les deux opérations n'ont toutefois pas le même objet. Je séparais deux mesures pour les rendre comparables. L'upfront sépare deux catégories commerciales pour élargir le public de son événement. La convergence porte sur l'endroit où passe la frontière, non sur la raison de la tracer.

Reste ce que la phrase installe. Le format se voit assigner un nom, une catégorie qui l'englobe et une place subordonnée dans cette catégorie, avant que la mesure de l'une ou de l'autre soit établie. Le vocabulaire précède l'instrument.

Sourçage

Déclaration de Timothy Oh, general manager international de COL Group, rapportée à l'annonce d'Inside Microdramas le 26 août 2026 au sommet ContentAsia de Bangkok. Traduction de l'anglais. Sources et réserve de reprise unique détaillées en rubrique 01. La déclaration ne figure pas dans la publication du 27 août 2026 de COL Group sur son compte d'entreprise LinkedIn, citée en rubrique 01 ; elle n'est rapportée que par les reprises professionnelles. Le titre de Timothy Oh varie selon les sources : general manager international de COL Group chez Variety et Señal News, general manager de COL Group et directeur marketing de FlareFlow chez Deadline le 20 août 2026. La forme retenue ici est celle des deux sources du 26 août. COL Group et Harbour Rights, partenariat de distribution annoncé en février 2026, rapporté au numéro 2. Périmètre des chiffres du numéro 4 rappelé ici sans nouvelle vérification.

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Chaque chiffre est cité avec sa source, sa date et son périmètre. Quand une vérification n'a pas pu être menée jusqu'à la source primaire, c'est écrit. Le temps de lecture annoncé est calculé sur le corps du numéro, hors blocs de sourçage, à 220 mots par minute.

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Olivier Grzesinski, analyste indépendant, Péruwelz, Belgique.

Fin du numéro 5

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