N° 7 · Lundi 14 septembre 2026 · Lecture : 28 min

Le Vertical Brief

L'économie des micro-dramas et de la fiction verticale, vérifiée à la source.

Le 9 septembre, trente micro-dramas indiens entrent dans une application de commerce, et le dirigeant qui signe l'accord explique que le format s'y vend comme un instrument de rétention, pas comme un contenu. Cette semaine également, le Festival de la Fiction met en compétition des séries françaises de deux à trois minutes par épisode sans que le mot vertical apparaisse une seule fois dans ses 156 pages de documents officiels. Et un studio américain affirme que le vertical a sa propre façon de raconter, avant d'expliquer qu'il le monte à partir des mêmes prises que sa version horizontale.

Trois manières de situer la frontière de ce format, et trois réponses incompatibles.

J'ajoute la mienne, qui est un retrait. L'hypothèse publiée au numéro 6 sur les grilles tarifaires est abandonnée : la source qui devait la trancher en est incapable, et la rubrique 03 explique pourquoi. Une lettre qui corrige ses propres chiffres avant qu'un lecteur ne s'en charge, c'est le contrat que je propose ici.

Sept rubriques, toujours dans le même ordre, tous les lundis.

01 Le fait de la semaine

Le micro-drama entre dans une application de commerce, et l'opérateur explique pourquoi

Le fait. Le 9 septembre 2026, Double Tap Films, studio de la société indienne Pratilipi, et Flipkart annoncent la mise en ligne de trente titres de micro-drama au format vertical dans la rubrique Drama de l'espace Play de l'application Flipkart. L'accord porte une durée initiale de douze mois et son périmètre est l'Inde. Il comporte une clause d'extension du nombre de titres, présentée comme non contraignante et subordonnée aux données d'audience.

Statut de source : reprise. Cinq reprises professionnelles concordantes du 9 septembre publient les mêmes termes. Aucun communiqué des parties n'a été retrouvé publié. Les cinq textes comportent une citation longue et attribuée nommément, ce qui rend l'existence d'un communiqué commun probable sans l'établir. La question a été posée aux deux sociétés.

Ce que les reprises ne publient pas : aucun montant, aucun partage de recettes, aucun caractère exclusif ou non exclusif, aucun modèle de monétisation dans l'application, et aucun seuil d'audience commandant la clause d'extension.

Ce que l'opérateur en dit lui-même. Sharlton Menezes, vice-président propriété intellectuelle et partenariats stratégiques de Double Tap Films et de Pratilipi, décrit l'accord comme un échange à deux sens : Flipkart donne aux récits du studio l'accès à des publics qui n'auraient jamais ouvert une application vidéo pour les trouver, et le catalogue du studio donne à Flipkart une raison pour l'utilisateur de revenir entre deux achats. Il ajoute que la réacquisition est l'un des problèmes les plus difficiles du commerce en ligne, et qu'une histoire qu'un spectateur veut terminer en est l'une des solutions les plus fiables. Il résume la transaction ainsi : leur portée contre notre engagement. (Traduit de l'anglais. Citation relevée sur une reprise, non vérifiée à sa source.)

Il est rare qu'un dirigeant énonce la fonction économique de son produit avec cette netteté. Le micro-drama n'est pas vendu ici comme un contenu, il est vendu comme un instrument de rétention pour une application qui n'en produit pas.

Pourquoi cela compte. Ce n'est pas un accord isolé, c'est le troisième en quatre mois, et les trois dessinent la même stratégie. En mai 2026, un accord de licence avec TikTok porte le catalogue de cent cinquante titres du studio aux États-Unis, au Canada, au Brésil et au Japon. Fin août, un accord avec Mohalla Tech, société mère de ShareChat, Moj et QuickTV, porte sur l'adaptation de plus de soixante-quinze récits Pratilipi. Le 9 septembre, Flipkart et ses trente titres. Une plateforme sociale mondiale, un réseau social indien, une application de commerce. Aucune de ces surfaces n'est une application de micro-drama.

Le site du studio confirme la logique et l'étend. Il présente quatorze partenaires de distribution, parmi lesquels Flipkart, ByteDance, Amazon MX Player, Zupee, Reelies et Story TV, et publie son catalogue titre par titre avec le nombre d'épisodes : quarante-cinq pour Apavitra, quarante et un pour Ek Ladki, Do Insaan, quarante pour Ladki Ban Gayi Ladka, trente-cinq pour Mr. Aditi, trente pour Boss Bahu et pour CEO Se Romeo. Double Tap Films ne construit pas d'application, ne tient pas de catalogue propriétaire et ne cherche pas d'abonné. Il fabrique de la fiction verticale et la place là où l'audience se trouve déjà.

Ce que cela recoupe. Le numéro 3 relevait qu'un opérateur sorti d'un test contrôlé de cinq mois sur ce format en désignait la rétention, et non l'acquisition, comme la contrainte du modèle. Le numéro 6 relevait la fermeture de l'application Pocket TV du groupe Pocket FM après environ cinq mois d'exploitation, son dirigeant déclarant dans les mêmes termes qu'acquérir des utilisateurs avait été plus facile que de les retenir.

Si la contrainte du modèle est la rétention, alors la licence à un tiers qui dispose déjà d'une audience installée n'est pas une diversification commerciale, c'est la réponse structurelle au problème. Le studio cesse de porter le coût d'acquisition et le risque de churn, qu'il transfère à la plateforme hôte, laquelle achète en échange du temps passé qu'elle ne sait pas produire. Le commerce en ligne a un problème de réacquisition, le format a un problème de rétention, et l'échange annule les deux en apparence.

En apparence seulement : ce raisonnement est le mien, il se présente comme hypothèse, et rien dans les documents disponibles n'établit qu'il décrit l'intention des parties au-delà de ce que la citation en dit.

Le contre-argument. Trente titres sur douze mois, dans un pays d'un milliard quatre cents millions d'habitants, sur une application qui en compte des centaines de millions, est un volume de test, pas un déploiement. La clause d'extension est explicitement non contraignante et adossée à des données d'audience qui ne seront pas publiées. Sans montant, sans partage de recettes et sans modèle de monétisation connu, rien ne permet d'affirmer que l'opération est rentable pour l'une ou l'autre partie, ni qu'elle sera reconduite. Le mouvement peut aussi se lire à l'inverse de ma lecture : un studio qui multiplie les licences non exclusives à bas volume est aussi un studio qui n'a pas trouvé de débouché unique à grande échelle.

Et le mouvement n'est pas général. Ce numéro rapporte en rubrique 02 l'ouverture d'un studio américain qui lance sa propre application avec cinq titres au catalogue, exactement la stratégie inverse. Un entrant continue donc de juger qu'il vaut mieux détenir la relation à l'utilisateur que la louer.

Ce qui trancherait. Le modèle de monétisation dans l'application Flipkart, gratuit financé par la publicité ou déblocage à l'épisode, et le partage de recettes. Aucun des deux n'est publié. Les deux ont été demandés aux parties.

Qui est concerné. Les producteurs francophones du format, qui construisent aujourd'hui leur modèle autour d'une application propriétaire et d'un coût d'acquisition. La voie ouverte ici est l'autre : produire pour la surface d'un tiers qui détient déjà l'audience. Elle suppose de renoncer à la relation directe avec l'utilisateur et aux données qui vont avec, ce qui n'est pas un détail. Le numéro 5 établissait que 97,5 pour cent des applications de la catégorie comportent de la publicité sous une forme ou une autre ; une licence à une application de commerce est une façon de ne pas avoir à choisir.

Sourçage

Accord Flipkart et Double Tap Films : BuzzInContent, 9 septembre 2026, pour le nombre de trente titres, la durée initiale de douze mois et la clause d'extension. Reprises concordantes du même jour relevées chez afaqs!, Storyboard18, Adgully et Marketing Mind. Aucun communiqué de Flipkart, de Pratilipi ni de Double Tap Films n'a été retrouvé publié, et l'existence d'un communiqué commun aux cinq reprises n'est pas établie. Citation de Sharlton Menezes relevée sur la reprise Adgully du 9 septembre 2026, traduite de l'anglais, de seconde main et non vérifiée à sa source ; le titre et la fonction cités sont ceux que la reprise lui attribue.

Accords antérieurs de Double Tap Films, licence TikTok de mai 2026 sur cent cinquante titres pour les États-Unis, le Canada, le Brésil et le Japon, et accord d'août 2026 avec Mohalla Tech sur plus de soixante-quinze récits Pratilipi : cités par les reprises du 9 septembre 2026, non vérifiés indépendamment.

Catalogue, nombres d'épisodes par titre et liste des quatorze partenaires de distribution : site de l'éditeur, doubletapfilms.in, relevé le 12 septembre 2026. La page ne porte aucune date de publication ni de mise à jour ; le relevé ne vaut que pour sa date.

Diagnostic sur la rétention rappelé d'après les numéros 3 et 6, composition de la monétisation de la catégorie rappelée d'après le numéro 5. La lecture de la licence à un tiers comme réponse structurelle à la contrainte de rétention est mienne et se présente comme hypothèse. Questions adressées le 13 septembre 2026 à Flipkart et à Pratilipi sur le communiqué et sa date, l'exclusivité, le modèle de monétisation et la date d'ouverture de la rubrique Drama ; sans réponse à l'heure de cette publication.

02 Radar marché

Un éditeur coté ouvre une offre verticale sur sa plateforme francophone.

Webtoon Entertainment, cotée au Nasdaq, a annoncé le 17 août 2026 l'ouverture de six titres au format Short Drama, de quarante à cinquante épisodes de une à deux minutes chacun, sur ses plateformes anglophone et francophone. Les premiers épisodes sont gratuits, la suite se débloque par crédits. C'est un communiqué de la société, donc une source primaire, et il est passé inaperçu pendant quatre semaines, y compris ici.

L'élément mérite mieux qu'une brève. Une société cotée dispose déjà d'une audience de lecteurs installée, ajoute le format vertical comme rubrique plutôt que comme application, et l'ouvre en français. C'est la rubrique 01 de ce numéro vue depuis l'autre bout de la chaîne, et c'est une offre francophone effective. Reste à vérifier que les six titres sont effectivement en ligne sur la plateforme francophone, ce que le communiqué annonce sans l'établir, et à relever le nombre de crédits par épisode. Ce sera fait.

LoveHit ouvre avec cinq classiques du domaine public en double format.

Le studio, établi à Los Angeles et dirigé par Lenny Levi, a lancé en septembre son application avec cinq adaptations d'œuvres littéraires : Les Hauts de Hurlevent, Orgueil et Préjugés, Jane Eyre, Gatsby le Magnifique et La Belle et la Bête. Chaque titre est produit en deux versions, une série verticale d'environ cinquante épisodes de une à trois minutes et un film horizontal de quatre-vingt-dix minutes destiné aux acheteurs de télévision et de diffusion en continu. Trois titres supplémentaires sont annoncés en postproduction : Les Liaisons dangereuses, La Lettre écarlate et Les Misérables. Le financement est décrit comme privé, sans montant ni investisseur nommé.

Deux réserves. L'existence effective des versions horizontales n'est pas établie, seule leur annonce l'est. Et la qualification de domaine public se vérifie territoire par territoire avant tout usage : elle ne se présume pas d'un titre à l'autre ni d'un pays à l'autre. Le rattachement éventuel de ces productions à l'accord SAG-AFTRA rejoint la rubrique 04 et reste sans réponse.

Showbox crée un label de format court.

Le distributeur et producteur coréen a annoncé la création de Showbite, consacré aux séries courtes, avec cinq titres mis en ligne à partir de septembre et environ vingt annoncés d'ici la fin de l'année.

Le premier titre, Taste of You, réalisé par Yoon Hyung-sik, était annoncé pour le 11 septembre sur les plateformes Shortime et Vigloo. Deux jours après cette date, aucune source ne confirme sa mise en ligne effective, et aucune publication postérieure à l'annonce du 3 septembre n'a été relevée. Deux incertitudes subsistent par ailleurs. La date de l'annonce diverge, le 31 août pour une reprise internationale contre le 3 septembre pour quatre reprises coréennes. Et les plateformes de diffusion divergent également : les trois reprises coréennes qui les nomment citent toutes Shortime et Vigloo, quand la reprise internationale cite TikTok, Instagram et YouTube. Le communiqué de Showbox n'a pas été retrouvé.

Un lancement de studio américain aux contours flous.

L'ouverture d'Upscale Media Films comme société de production de micro-drama, dirigée par Malik Davis, a été rapportée le 9 septembre. Aucun chiffre, aucun terme d'accord, aucun prix, aucune règle. Point à faire vérifier sans le trancher : une société nommée Upscale Promotions and Entertainment a été citée début septembre comme coproductrice d'adaptations pour un autre studio américain. Le rapport entre les deux dénominations n'est pas établi.

Les rendez-vous.

Le marché professionnel BCWW s'est tenu à Séoul du 14 au 16 septembre ; le label Showbite y annonçait sa présence, ainsi qu'à l'Asian Contents & Film Market de Busan. Le salon IBC s'est tenu du 11 au 14 septembre, où la société Eluvio présentait une technologie de génération automatique de versions verticales. Le MIPCOM de Cannes se tiendra du 12 au 15 octobre : un communiqué du 8 septembre annonce Dentsu comme premier partenaire principal du dispositif MIP BrandWorks, avec participation à une table ronde du sommet consacré au micro-drama et au vertical. Ce sommet reste accessible sur invitation, et la condition exacte d'accès n'est toujours pas publiée, quatre semaines après la première question posée ici.

Ce qui ne s'est pas produit.

Aucun dispositif de financement public francophone dédié au format n'a été relevé sur la période, ni au CNC, ni à la SODEC, ni à la RTBF, ni au Fonds Fédération Wallonie-Bruxelles. Aucun dispositif dédié, ce qui ne signifie pas aucun financement : la rubrique 05 de ce numéro relève une série française de cinq épisodes de trois minutes préachetée par un diffuseur public avec soutien du CNC, au titre des dispositifs de droit commun. Aucune publication de résultats d'un acteur coté n'a par ailleurs isolé un chiffre propre au micro-drama.

Sourçage

Webtoon Entertainment, communiqué du 17 août 2026, pour le nombre de six titres, le nombre et la durée des épisodes, l'ouverture sur les plateformes anglophone et francophone et le modèle de déblocage par crédits. La mise en ligne effective sur la plateforme francophone n'a pas été vérifiée.

LoveHit : relevé effectué sur la reprise Yahoo News Canada du 7 septembre 2026, l'éditeur d'origine Deadline ayant refusé l'accès au serveur lors des premiers relevés. Aucun communiqué du studio n'a été trouvé. Les cinq titres de lancement, les trois titres en postproduction, le double format, le nombre approximatif de cinquante épisodes de une à trois minutes et la durée de quatre-vingt-dix minutes des versions horizontales proviennent de cette reprise, qui les donne pour la ligne éditoriale du studio sans ventilation titre par titre.

Showbox et Showbite : relevé effectué sur quatre reprises coréennes concordantes du 3 septembre 2026, Sports Kyunghyang, Edaily, Metro Seoul et Business Post, pour le nombre de cinq titres en septembre, le total d'environ vingt sur le second semestre, la date annoncée du premier titre, son réalisateur et les deux plateformes citées. Reprise antérieure portant sur la même annonce datée du 31 août 2026, page non récupérée, accès refusé par le serveur. Recherche conduite le 13 septembre 2026 sur les sources coréennes : aucune publication postérieure au 3 septembre 2026 relative à la mise en ligne effective n'a été trouvée. Communiqué de Showbox non retrouvé, date de l'annonce non établie, divergence des plateformes non résolue.

Upscale Media Films : page de l'éditeur d'origine non récupérée, accès refusé par le serveur, relevé effectué sur les reprises accessibles du 9 septembre 2026, qui ne publient ni chiffre, ni terme d'accord, ni prix, ni règle.

BCWW, IBC et Eluvio : relevés du 10 septembre 2026. MIPCOM : communiqué du 8 septembre 2026 pour le partenariat Dentsu et la participation à la table ronde, dates du marché du 12 au 15 octobre 2026 ; aucun tarif, aucune condition d'accès chiffrée et aucun montant ne sont publiés.

Les constats d'absence relatifs au financement public francophone et aux résultats des acteurs cotés portent sur les sources consultées entre le 8 et le 10 septembre 2026 et n'établissent pas qu'aucun dispositif ni aucune publication n'existe.

03 Le chiffre vérifié

Le chiffre que je ne publie pas, et pourquoi

Le numéro 6 a posé une hypothèse et désigné le travail qui la trancherait. Ce travail a été conduit. Il établit que la source dont il dépendait ne peut pas le trancher.

L'hypothèse en question. La grille tarifaire relevée de l'application aTwist ne comportait aucun palier mensuel. Deux abonnements y figuraient, hebdomadaire et annuel, dans un rapport de 5,2 entre l'hebdomadaire reconduit cinquante-deux fois et l'annuel. J'en tirais l'hypothèse d'une grille construite pour un utilisateur qui ne reste pas, et j'écrivais que deux points de mesure ne faisaient pas une série et que le relevé systématique des grilles de la catégorie était le travail appelé par ce constat.

Ce que le relevé donne. Trois fiches supplémentaires ont été relevées le 12 septembre 2026 sur la vitrine App Store des États-Unis. ReelShort, éditée par New Leaf Publishing, Inc., version 4.1.20, classification 13+ : dix articles, trois abonnements à 19,99 USD chacun et sept achats ponctuels de 4,99 à 29,99 USD. FlexTV, éditée par YUDER PTE. LTD., version 4.8.4, classification 13+ : dix articles, un Weekly VIP à 29,99 USD, un Monthly VIP à 49,99 USD, et huit articles de 4,99 à 29,99 USD. DramaBox, éditée par STORYMATRIX PTE. LTD, version 6.7.0, classification 18+ : dix articles, sept intitulés Membership de 5,99 à 19,99 USD et trois Special offer de 4,99 à 19,99 USD.

Dix articles. Dix articles. Dix articles. Et dix sur les deux fiches relevées au numéro 6.

Le plafond est systématique, et il est fatal. Le numéro 6 signalait en réserve de méthode qu'une fiche App Store plafonne le nombre d'articles qu'elle affiche. Cinq fiches successives affichant exactement dix articles établissent que ce plafond est atteint partout, et le critère de sélection des dix articles affichés n'est publié nulle part.

La conséquence est mécanique et sans échappatoire. Aucun constat d'absence n'est tirable de cette source. « Aucun palier mensuel n'apparaît sur la fiche d'aTwist » ne peut pas devenir « aTwist ne propose pas de palier mensuel ». L'hypothèse du numéro 6 repose entièrement sur une absence, et cette absence n'est pas établie. Élargir le panel à douze ou vingt applications ne changerait rien : cela produirait vingt lignes appuyées sur le même vide.

Je retire donc l'hypothèse. Non parce qu'elle est fausse, mais parce que je n'ai aucun moyen de savoir si elle l'est.

Une précision s'impose, parce que ce numéro s'appuie ailleurs sur le diagnostic que l'hypothèse retirée prétendait corroborer. Ce que je retire ici, c'est la lecture tarifaire, pas le diagnostic. Que la rétention soit la contrainte du modèle reste établi par ce que deux opérateurs en ont dit après exploitation, aux numéros 3 et 6, et la rubrique 01 de ce numéro s'appuie sur eux et non sur des grilles de prix. La grille prétendait apporter une confirmation indépendante de ce diagnostic. Elle n'en apporte aucune, ni dans un sens ni dans l'autre.

Un second défaut de la source, découvert au passage. La colonne des achats intégrés ne contient pas une donnée mais deux, mélangées sans marquage. Quand l'éditeur nomme son produit, la fiche affiche ce nom : Weekly VIP, Monthly VIP, Membership, Special offer. Quand il ne le nomme pas, elle substitue une étiquette générique de type : Subscription, One-time Purchase. Rien sur la page ne dit laquelle des deux on lit. Sept articles intitulés Membership chez DramaBox ne portent donc aucune périodicité, et trois articles intitulés Subscription chez ReelShort n'en portent pas davantage. Lire une périodicité dans un libellé reste une inférence sur un intitulé commercial, exactement comme le numéro 6 le signalait pour VIP Weekly.

Ce qui survit, et c'est le seul résultat positif. Ce que cette source établit, c'est la présence d'un article, jamais son absence. Sur cette base, deux constats tiennent.

Le premier est un point d'ancrage. Sur les trente articles relevés le 12 septembre, le montant de 19,99 USD revient onze fois, quatre fois chez ReelShort, cinq fois chez DramaBox et deux fois chez FlexTV, auxquelles s'ajoutent les occurrences relevées au numéro 6. La catégorie converge vers un même niveau de prix sans que rien ne l'y oblige.

Le second renverse l'ordre supposé. Le Monthly VIP de FlexTV, à 49,99 USD, coûte pour un mois trois fois ce que coûte l'abonnement annuel d'aTwist ramené au mois, et son Weekly VIP, à 29,99 USD, dépasse de cinquante pour cent l'hebdomadaire d'aTwist. Un pas mensuel existe donc bien dans la catégorie, et il y est cher. Cela ne dit rien de ce que fait aTwist, pour la raison exposée plus haut.

Ce qu'il faut faire à la place. Trois sources restent, par ordre de solidité décroissante : les pages tarifaires publiées par les éditeurs sur leurs propres sites, qui les engagent ; les conditions générales d'abonnement, qui portent souvent la périodicité et le montant ; les écrans d'achat dans l'application, qui supposent un relevé manuel sur appareil, avec capture datée. Ce chantier est ouvert et n'a pas de terme annoncé.

Ce que cette rubrique vaut. Rien de neuf n'y est établi sur le prix du micro-drama. Ce qui y est établi, c'est qu'une source largement citée dans le secteur ne supporte pas le poids qu'on lui fait porter. Le numéro 5 corrigeait un classement présenté comme une mesure d'audience alors qu'il mesurait une dépense publicitaire. Le numéro 7 corrige une hypothèse qui était la mienne.

Sourçage

Fiches App Store de la vitrine des États-Unis, relevées le 12 septembre 2026 : ReelShort — Stream Drama & TV, identifiant 1636235979, vendeur New Leaf Publishing, Inc., version 4.1.20 ; FlexTV: Short Drama, Reels, TV, identifiant 1645515419, vendeur YUDER PTE. LTD., version 4.8.4 ; DramaBox — Stream Drama Shorts, identifiant 6445905219, vendeur STORYMATRIX PTE. LTD, version 6.7.0. Chacune pour ses dix libellés d'achats intégrés et leurs montants, en dollars des États-Unis. Les montants relevés sont ceux affichés à la date du relevé et ne valent pas pour une autre date.

Le constat du plafond de dix articles repose sur cinq fiches : trois relevées directement le 12 septembre 2026 et deux relevées le 5 septembre 2026 et publiées au numéro 6, celles des applications aTwist et Sweetz, dont les grilles ne sont pas reprises ici. Il n'est établi par aucune documentation de l'éditeur de la boutique, qui ne publie ni la valeur du plafond ni le critère de sélection des articles affichés. La distinction entre nom commercial et étiquette générique de type est une lecture des libellés relevés et n'est confirmée par aucune documentation. Les comparaisons de montants entre applications sont miennes et se refont sur les prix cités. Aucun relevé Google Play n'est publié : la boutique a servi des pages croisées lors des contrôles du numéro 6, ce qui rend tout constat issu de cette source irrecevable en l'état.

Le brief, chaque lundi avant 7h

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04 Réglementaire & social

Le terme est dépassé, et le silence dure depuis le 10 août

L'état du dossier. Au 10 septembre 2026, la page contractuelle de SAG-AFTRA consacrée à l'accord spécial pour les producteurs indépendants de programmes verticaux reste datée du 6 août 2026. Les documents qui y sont liés restent le modèle d'accord d'octobre 2025, le bulletin contractuel de juin 2026, un modèle d'annexe G non daté et le formulaire de demande de signature. La page ne porte aucune mention de prorogation, de remplacement ni d'extinction.

L'article 1.E du modèle publié prévoit que les termes de l'accord prennent fin automatiquement le 30 juin 2026, sauf prorogation par le syndicat. Ce terme est dépassé depuis plus de deux mois. Le modèle d'accord demeure en téléchargement actif, et le bulletin contractuel continue de décrire ses taux comme applicables.

Rien de tout cela n'a bougé depuis le numéro 6. Ce qui a bougé, c'est ce que j'ai le droit d'en dire.

Le fait nouveau est un silence, et il est daté. J'ai adressé le 10 août 2026 une demande de presse au service des contrats de divertissement de SAG-AFTRA, portant sur trois points : l'accord est-il en vigueur et sur quelle base, sous quels termes serait couvert un producteur signant aujourd'hui, et quel taux de cotisation au régime de prévoyance s'applique aux programmes verticaux, le bulletin syndical retenant 21,5 pour cent au 1er juillet 2026, un cabinet américain publiant la veille du terme retenant 22 pour cent au titre des taux pleins de la convention télévisuelle, et la table de taux du régime distinguant par ailleurs ces deux mêmes valeurs selon la qualité de l'interprète, sans qu'aucune de ces sources ne dise laquelle gouverne ce format. La demande précisait qu'aucun délai ne pressait et qu'une réponse écrite était préférable.

Elle est restée sans réponse. Une relance a été adressée le 13 septembre 2026 au même service, reprenant les trois questions et décrivant l'état du dossier public à cette date. Elle est sans réponse à l'heure de cette publication.

Cinq semaines de silence ne sont pas un constat d'absence. C'est un fait daté, attribuable, et vérifiable par quiconque adressera la même question. Je le publie comme tel, et je publierai la réponse le jour où elle viendra, quel qu'en soit le contenu.

Ce que cela signifie concrètement. Le seul instrument conventionnel écrit pour ce format dans le monde se trouve dans l'état suivant : une clause d'extinction dépassée, un contrat type toujours distribué, un bulletin de taux toujours en ligne, et aucune parole publique de l'organisation qui l'a écrit. Un producteur francophone envisageant une coproduction exécutive avec les États-Unis n'a, à ce jour, aucun moyen de savoir sous quel régime il signerait.

Le contexte, lui, ne s'arrête pas. Un nouveau studio américain ouvre ce mois-ci une offre verticale de cinq titres avec des versions longues destinées aux acheteurs de télévision, traitée en rubrique 02, et rien dans les reprises disponibles n'indique s'il relève de cet accord. Le numéro 6 relevait par ailleurs qu'un entrant majeur produisait hors convention de l'aveu de sa propre direction. L'apparition d'une institution n'établit pas son usage ; son silence prolongé n'aide pas à l'établir.

Chine, ordonnance 16 : neuf jours, aucun acte d'application relevé. Les mesures de gestion du développement des micro-dramas, ordonnance numéro 16, huit chapitres et cinquante-quatre articles, signées le 30 juillet 2026 et publiées le 31, sont en vigueur depuis le 1er septembre. Au 10 septembre, soit neuf jours après l'entrée en vigueur, aucun acte d'application, aucune règle provinciale d'exécution, aucune délivrance d'autorisation et aucune décision de sanction n'ont été relevés dans la presse consultée.

Ce constat appelle une réserve que je ne contourne pas : la liste des annonces récentes de l'autorité n'a pas pu être extraite lors du dernier relevé. Ce qui précède n'établit donc pas qu'il n'existe aucun acte d'application. Il établit qu'aucun n'a été rapporté, ce qui est une information plus faible et qu'il serait malhonnête de présenter autrement.

Neuf jours sont un délai court pour un texte de cinquante-quatre articles. Le point de bascule sera la première décision individuelle, autorisation refusée ou sanction prononcée, parce qu'elle montrera comment le texte est lu. Ce point est suivi.

Qui est concerné. Les producteurs et les interprètes francophones sollicités par une production américaine du format, qui ne disposent à ce jour d'aucune base contractuelle vérifiable. Et, pour la Chine, quiconque envisage une distribution sur ce marché, où le régime est écrit mais où sa pratique reste entièrement à observer.

Sourçage

SAG-AFTRA, page contractuelle relative à l'accord spécial pour les producteurs indépendants de programmes verticaux, date portée au 6 août 2026, consultée le 10 septembre 2026, pour l'absence de mention de prorogation, de remplacement ou d'extinction et pour la liste des documents liés. Modèle d'accord d'octobre 2025, article 1.E, pour la clause d'extinction au 30 juin 2026.

Taux de cotisation : bulletin contractuel de juin 2026, en-tête daté de juillet 2026, pour le taux de 21,5 pour cent au 1er juillet 2026 ; note de cabinet américaine publiée le 30 juin 2026, pour le taux plein de 22 pour cent et pour l'absence de taux réduit propre au contrat vertical ; table de taux du régime de prévoyance de SAG-AFTRA, pour la distinction entre 22 pour cent et 21,5 pour cent selon la qualité de l'interprète. Ces trois éléments sont rappelés d'après le numéro 6, qui les avait établis ; le numéro 4 publiait 21,5 pour cent sans cette réserve.

Demande de presse adressée par l'auteur au service des contrats de divertissement de SAG-AFTRA le 10 août 2026, relancée le 13 septembre 2026, sans réponse à la date de publication. Le texte des deux messages est conservé et peut être communiqué sur demande.

Administration nationale de la radio et de la télévision, mesures de gestion du développement des micro-dramas, ordonnance numéro 16, signée le 30 juillet 2026 et publiée le 31 juillet 2026, entrée en vigueur le 1er septembre 2026, huit chapitres et cinquante-quatre articles, éléments rappelés d'après le numéro 6. Le constat d'absence d'acte d'application porte sur la presse consultée au 10 septembre 2026 ; la liste des annonces récentes de l'autorité n'a pas été extraite lors de ce relevé et le constat ne vaut pas preuve d'inexistence.

L'ouverture de l'offre verticale d'un nouveau studio américain est traitée en rubrique 02, où figure son sourçage ; son rattachement ou non à l'accord n'est établi par aucune source et reste une question ouverte.

05 La fenêtre francophone

La Rochelle commande des épisodes de deux minutes et ne nomme jamais le format

Le constat, et sa borne. Le dossier de presse de l'édition 2026 du Festival de la Fiction compte 147 pages. Le programme en compte 9. Les termes vertical, micro-drama et microdrama n'y apparaissent pas une seule fois. Zéro occurrence sur 156 pages. Aucune table ronde, aucune session partenaire, aucun événement du programme professionnel ne porte sur le format, ni dans son intitulé ni dans son descriptif.

Ce que ce comptage établit s'arrête là. Un dossier de presse décrit des intitulés et des textes de présentation, pas des propos tenus en salle. Le seul créneau où la question peut affleurer est la table ronde du Syndicat des producteurs indépendants, jeudi 17 septembre de 14 heures à 15 heures, salle 3 du CGR Le Dragon, intitulée « Streaming, hyperdistribution, fragmentation : comment mesure-t-on le succès d'une œuvre en 2026 ? ». Ses intervenants ne sont pas annoncés à la date de ce relevé.

Ce que le même document publie par ailleurs. La compétition française comporte une catégorie « Séries moins de 20' », qui compte sept titres. Voici leurs formats, tels qu'ils figurent aux fiches œuvre.

Protocole Dava, Canal+, 26 x 2'. Pause déj, YouTube, 5 x 2'. Respire fort, production Streamset, Noémie Berthalon, 6 x 2', aucun diffuseur mentionné à la fiche. P*tain de soirée, France Télévisions, 20 x 3'. À la nage !, France 2, 5 x 3', préachat de France 2, soutien du CNC, du département de l'Isère et de la cinémathèque de Grenoble. Ils vécurent heureux, TV5Monde, 8 x 3'. Paradoxes, ARTE et Cosmote TV, 6 x 17'.

Six titres sur sept ont des épisodes de deux à trois minutes.

La compétition francophone internationale, qui compte dix œuvres et dont deux prix distinguent les séries de plus et de moins de vingt minutes, publie sous le même libellé des objets d'une tout autre nature. Devenir Margot, ICI TOU.TV, 8 x 7'. Groupe de soutien, TV5+, 6 x 12'. Pénélope partout, Télé-Québec, 8 x 17'. Presque normal, RTBF, 8 x 21'.

Première conséquence, et elle est d'usage. Un producteur francophone qui lit « série de moins de vingt minutes » dans un règlement, un appel à projets ou une grille de financement ne lit pas le même objet selon le territoire. En France, la catégorie est occupée par des titres dont les épisodes vont de deux à dix-sept minutes, et six sur sept se tiennent entre deux et trois. Dans la compétition francophone internationale, les mêmes bornes vont de sept à vingt et une minutes. Le même mot recouvre deux ensembles qui ne se recouvrent presque pas. Qui prépare un dossier de part et d'autre a intérêt à le savoir avant d'écrire.

Seconde conséquence, et elle déplace la frontière. Un épisode de deux minutes est l'unité narrative du micro-drama. Le service public français, Canal+ et TV5Monde commandent, financent et mettent en compétition des séries construites sur cette unité. Ce qui sépare ces œuvres du format vertical n'est donc ni la durée d'épisode, ni le nombre d'épisodes, ni la destination mobile. Il reste deux choses : le cadrage de l'image et le modèle de recette. Je le déduis par élimination des critères publiés, et non d'un visionnage : aucune des sept fiches ne publie de format d'image, et je n'ai visionné aucun titre. La déduction tient tant qu'aucun de ces sept titres n'est tourné en vertical, ce que je n'ai pas pu vérifier.

Un dernier trait de cette catégorie mérite d'être relevé. Sur les sept titres, l'un est diffusé sur YouTube et l'autre ne porte aucun diffuseur à sa fiche, quand toutes les autres fiches d'œuvres en compétition en nomment un. Deux titres sur sept se tiennent donc hors du circuit de commande télévisuelle classique, dans la catégorie même où les épisodes font deux à trois minutes. Le dossier peut omettre un diffuseur qui existe, et ce point n'est pas tranché.

Le contre-argument, et il est sérieux. Il tient en deux points, dont aucun n'est faible.

Le premier. Un épisode de trois minutes préacheté par France 2 avec soutien du CNC et un épisode de trois minutes vendu au crédit dans une application n'ont en commun que leur durée. Le financement, le régime juridique, la chaîne de droits, le mode d'accès et la destination diffèrent entièrement. Retenir la durée comme point de comparaison peut être tenu pour un artefact de méthode, qui isole la seule variable où les deux objets se ressemblent. Je ne crois pas que ce soit le cas, parce que la durée d'épisode commande la structure narrative et le coût unitaire, mais l'objection tient debout et je ne la tranche pas.

Le second. Sept titres ne font pas une catégorie. Ils font une sélection, sur une édition. Rien dans ce relevé n'établit que les éditions antérieures présentaient la même répartition, ni que la sélection reflète l'ensemble des œuvres candidates. Le travail que ce constat appelle est le relevé des sélections des éditions passées, que je n'ai pas conduit.

Une contradiction, signalée et non résolue. Presque normal, production de la RTBF réalisée par Grégory Beghin, est annoncée en 8 x 21' dans une catégorie intitulée « Séries moins de 20' ». Vingt et une minutes excèdent vingt. Le dossier ne s'en explique pas. Je ne tranche pas entre une coquille, une règle fondée sur une durée moyenne et un critère d'éligibilité que le dossier ne publie pas. La question est posée au festival.

Qui est concerné. Les producteurs francophones qui déposent de part et d'autre, et pour qui l'écart de définition relevé ici est une donnée de travail. Les producteurs belges en particulier : le festival remercie Wallonie-Bruxelles International, aux côtés de la SODEC, des Instituts français, de TV5Monde et de Swiss Film, pour le soutien à la mobilité des invités francophones. C'est un dispositif public francophone nommé, qui finance une présence à La Rochelle sans être une ligne dédiée au format. Sur ce point, la question adressée à l'AWEX le 9 août reste sans réponse à l'heure de cette publication.

L'autre fait francophone de la semaine, l'ouverture par un éditeur coté de six titres verticaux sur sa plateforme francophone, est traité en rubrique 02 : il relève de l'actualité de marché, quand la présente rubrique porte sur la manière dont l'institution francophone regarde ce format.

Un festival peut produire l'objet pendant des années sans jamais avoir besoin du mot pour le désigner. C'est peut-être ce qui explique qu'il ne le voie pas venir.

Sourçage

Festival de la Fiction, Dossier presse 2026, fichier PDF produit sous Adobe InDesign 21.6 pour Macintosh, date de création portée au 11 septembre 2026 à 12 h 55 UTC, 147 pages, pour le comptage d'occurrences, les sept formats de la compétition française, les quatre formats de la compétition francophone internationale, le nombre de dix œuvres et les deux prix de cette compétition, l'intitulé, la date, l'horaire et la salle de la table ronde du Syndicat des producteurs indépendants, et la mention des soutiens à la mobilité des invités francophones. Fiche de Respire fort, page 50 ; les six autres fiches de la catégorie, pages 44 à 49. Festival de la Fiction, Programme 2026, fichier PDF produit sous Adobe InDesign 21.5, date de création portée au 11 septembre 2026 à 14 h 06 UTC, 9 pages, pour le contrôle du comptage d'occurrences. Les deux documents proviennent de l'espace presse du festival, transmis sur demande, consultés le 13 septembre 2026.

Méthode du comptage : recherche insensible à la casse des chaînes vertical, micro-drama et microdrama sur le texte extrait des deux documents, aucune occurrence retournée. Le relevé porte sur la couche de texte des fichiers et non sur leurs éléments graphiques.

Le constat d'omission de la ligne « Diffusion » pour Respire fort repose sur un sondage des autres catégories du dossier et non sur un examen exhaustif de l'ensemble des fiches. Aucune des sept fiches de la catégorie ne publie de format d'image, et aucun titre n'a été visionné : aucun constat de cadrage n'est publié ici. La chaîne consultée pour vérifier le cadrage de Pause déj n'a pas pu être identifiée comme celle du programme en compétition, sa présentation et son volume de publications ne correspondant pas à la fiche ; aucune conclusion n'en est tirée.

Le règlement de la compétition n'a pas été consulté et n'est pas contenu dans ces documents. Aucune affirmation n'est faite ici sur les critères d'éligibilité de la catégorie « Séries moins de 20' » : le dossier ne mentionne aucun critère de format d'image, de destination mobile ou de mode de tournage, ce qui n'établit pas qu'il n'en existe pas. Le rapprochement entre la durée d'épisode de ces séries et celle du micro-drama est mien, ainsi que la conclusion sur le déplacement de la frontière ; les deux se présentent comme lecture et non comme fait établi.

06 Signal faible

Le seul endroit où un opérateur chiffre son exposition réelle au format, c'est un avertissement boursier

Hypothèse, pas fait établi.

Ce qui s'est passé. Le 31 août 2026 à 18 heures, la première saison d'une série longue produite par intelligence artificielle générative, Hou Xiyou Ji, est mise en ligne sur Mango TV, puis diffusée à 20 heures en première partie de soirée sur la chaîne satellitaire du Hunan. La chaîne annonce, de sa propre source, une audience instantanée en tête des chaînes provinciales pour cette première diffusion.

Le compartiment boursier chinois dit « concept séries courtes » monte dans la foulée. La valeur qui monte le plus n'est pas le producteur de la série. C'est Huanrui Century, cotée à Shenzhen sous le code 000892 : quatre séances à la hausse maximale sur cinq, du 31 août au 4 septembre, clôture à 5,59 yuans le 4 septembre en hausse de 10,04 pour cent, et 42,97 pour cent de hausse cumulée sur les cinq séances.

Ce que la société est alors contrainte d'écrire. Le soir du 4 septembre, Huanrui Century publie un avis de variation anormale du cours. Elle y déclare que son activité de séries courtes produites par intelligence artificielle n'a atteint d'effet d'échelle ni en nombre de titres mis en ligne, ni en volume de recettes, ni en conversion coût-bénéfice. Puis la phrase qui m'intéresse : au premier semestre 2026, le chiffre d'affaires de cette activité représente moins de un pour cent du chiffre d'affaires semestriel non audité de la société. Elle ajoute que la part des activités liées à l'intelligence artificielle générative est faible et sans incidence significative sur ses résultats à court terme. Une première déclaration de même nature avait déjà été publiée le 1er septembre, après deux séances de hausse maximale.

Pourquoi ce document a une valeur que les autres n'ont pas. Aucune plateforme du secteur ne publie ses recettes par format. Aucun studio ne publie sa marge. Les estimations de taille de marché qui circulent sont irréconciliables entre elles. L'avis de variation anormale de cours est le seul document où un opérateur est légalement contraint de chiffrer son exposition au format, et il le fait sous une pression qui va dans un sens précis : celui de la minoration. Une société qui dément un emballement boursier a intérêt à donner le chiffre le plus bas qu'elle puisse justifier.

C'est donc une donnée biaisée, mais dont le biais est connu et orienté. Elle vaut comme plancher, pas comme mesure. Et un plancher à moins de un pour cent, chez une société dont le marché vient de pousser le cours de plus de quarante pour cent en cinq séances sur la foi de cette activité, dit quelque chose de l'écart entre le récit et les livres.

L'hypothèse. Si ce type de document est la seule source où l'exposition réelle au format se chiffre, alors le suivi des avis de variation anormale de cours des sociétés cotées chinoises est une méthode d'observation du secteur, et non un fait divers boursier. Chaque emballement produit mécaniquement une déclaration chiffrée que rien d'autre n'aurait extraite. Je ne dispose que d'un point de mesure, ce qui ne fait pas une méthode, et c'est précisément le travail que ce constat appelle.

Une correction à apporter à ma propre matière première. Le relevé qui m'a signalé cet élément indiquait que deux autres sociétés avaient déposé le même jour des avis de même nature. Vérification faite, c'est inexact pour l'une d'elles au moins : l'avis publié le 4 septembre par Xinju Network, code 605398, porte sur les centres de données et déclare que la société n'en détient ni n'en exploite aucun. Rien à voir avec le micro-drama. Le cas de Baida Group, code 600865, n'a pas été vérifié et n'est pas retenu ici.

La leçon vaut au-delà du cas : des sociétés différentes publient le même jour des démentis de nature identique sur des sujets entièrement distincts, parce que le mécanisme qui les déclenche est boursier et non sectoriel. Deux avis simultanés ne forment pas une tendance du format.

Le contre-argument. Il est sérieux et il est double.

Une société qui dément un emballement a intérêt à minorer, et le périmètre qu'elle retient pour calculer son « moins de un pour cent » n'est pas publié. On ignore si les séries courtes non produites par intelligence artificielle y sont incluses, et le rapport semestriel de la même société fait par ailleurs état d'une forte croissance de son activité de séries courtes. Le chiffre porte sur un périmètre étroit, dont l'étroitesse sert l'argument de son auteur.

Et le contexte de l'émetteur commande la prudence. Huanrui Century a reçu le 21 avril 2026 une notification d'ouverture d'enquête de l'autorité chinoise des marchés pour soupçon d'infraction aux obligations d'information, portant sur un élément comptable de l'exercice 2022 sans rapport avec le format. La conclusion n'était pas rendue à la date de l'avis. Une déclaration chiffrée émanant d'une société dans cette situation ne se traite pas comme une source ordinaire.

Ce qui trancherait. L'avis déposé lui-même, à la source, plutôt que sa reprise par la presse financière. Et le périmètre exact de l'activité retenue pour le calcul, qui n'est publié nulle part.

Sourçage

Avis de variation anormale de cours de Huanrui Century, code 000892, Bourse de Shenzhen, publié le soir du 4 septembre 2026 : relevé sur quatre reprises concordantes de la presse financière chinoise, Jiemian à deux reprises, Southern Finance et Zhitong Finance, consultées le 13 septembre 2026. L'annonce déposée n'a pas été consultée à la source. Les quatre reprises citent le même passage dans les mêmes termes. Avis antérieur du 1er septembre 2026, relevé sur une cinquième reprise.

Cours de clôture de 5,59 yuans, hausse de 10,04 pour cent le 4 septembre, quatre séances à la hausse maximale sur cinq et 42,97 pour cent de hausse cumulée : mêmes reprises. Mise en ligne de la série longue le 31 août 2026 à 18 heures sur Mango TV et à 20 heures sur la chaîne satellitaire du Hunan, et audience annoncée en tête des chaînes provinciales : donnée publiée par la chaîne elle-même et reprise telle quelle, non vérifiée par une mesure indépendante. Notification d'ouverture d'enquête du 21 avril 2026 et croissance de l'activité séries courtes en 2025 : mêmes reprises.

Avis de Xinju Network, code 605398, du 4 septembre 2026, portant sur les centres de données : relevé sur la reprise de Southern Finance. Le cas de Baida Group, code 600865, signalé par une reprise antérieure, n'a pas été vérifié et n'est pas retenu.

La lecture de l'avis de variation anormale de cours comme source d'observation du secteur est mienne et se présente comme hypothèse. Le caractère orienté à la baisse du chiffre déclaré est un raisonnement sur les intérêts de l'émetteur, pas un fait établi.

07 La phrase de la semaine

Lenny Levi, directeur général du studio américain LoveHit, décrit la méthode de production de ses cinq adaptations littéraires. Tout a été cadré pour les deux formats, dit-il, et deux versions ont été montées : la version verticale est faite spécifiquement pour les appareils mobiles et, ajoute-t-il, elle « a sa propre façon de raconter l'histoire ». (Traduit de l'anglais.)

Pourquoi c'est intéressant. Parce que la phrase se contredit en son milieu, et que la contradiction est celle du secteur entier.

Si la version verticale a sa propre manière de raconter, alors elle est une forme narrative distincte, avec sa propre grammaire, ses propres points de rupture, son propre rythme d'épisode. Mais une forme narrative distincte ne se monte pas à partir des mêmes prises qu'une autre. Or c'est exactement ce que la même phrase décrit : un tournage unique, cadré pour deux destinations, dont on tire deux montages. Le film horizontal de quatre-vingt-dix minutes et la série verticale d'une cinquantaine d'épisodes sortent de la même matière.

De deux choses l'une. Ou bien le vertical est une forme, et alors il faut l'écrire, le découper et le tourner pour lui, ce que ce dispositif ne permet pas. Ou bien c'est un cadrage et un rythme de montage appliqués à une matière commune, et alors la formule est un argument de vente. Levi affirme la première et décrit la seconde, dans la même déclaration, sans paraître voir l'écart.

Ce que cela recoupe. La rubrique 05 de ce numéro laisse une question ouverte. Si des séries françaises en compétition à La Rochelle ont des épisodes de deux à trois minutes, soit exactement l'unité du micro-drama, qu'est-ce qui les en sépare ? J'y répondais qu'il restait le cadrage et le modèle de recette, faute d'autre critère publié. Levi apporte la réponse inverse, et de l'intérieur : ce qui sépare, selon lui, c'est la manière de raconter. Puis sa méthode de production retire ce qu'il vient d'accorder.

Un producteur francophone qui doit choisir entre les deux réponses n'a pas un débat théorique devant lui. Il a une décision de budget : tourner deux fois, ou tourner une fois et cadrer large.

La réserve. La déclaration est relevée sur une reprise et n'est pas vérifiée à sa source. Le passage dont je dispose est tronqué à l'endroit où Levi décrit la version horizontale, et je ne sais donc pas ce qu'il en dit. Rien n'exclut que la suite de sa phrase lève la contradiction que je relève. Je publie ce que j'ai lu, en signalant ce que je n'ai pas pu lire.

Le numéro 6 retenait une déclaration qui mettait en tension deux descriptions d'une même société. Celui-ci en retient une qui met une société en tension avec elle-même.

Sourçage

Déclaration de Lenny Levi, directeur général de LoveHit, relevée le 13 septembre 2026 sur la reprise Yahoo News Canada du 7 septembre 2026 de l'article d'origine de Deadline daté du même jour, dont la page n'avait pas été récupérée lors des relevés antérieurs. Citation de seconde main, non vérifiée auprès de la société, traduite de l'anglais, et partielle : le passage relatif à la version horizontale est tronqué dans l'extrait dont je dispose. Le titre et la fonction sont ceux que la reprise lui attribue.

Méthode de production en tournage unique et double montage, cinq titres au lancement, trois en postproduction, série verticale d'environ cinquante épisodes de une à trois minutes et version horizontale de quatre-vingt-dix minutes : mêmes sources, sourçage détaillé en rubrique 02. Une version verticale de l'un des titres a été ouverte sur l'application du studio le 27 août 2026, avant le lancement complet.

La lecture de la contradiction entre la forme revendiquée et la méthode décrite est mienne et se présente comme lecture, non comme fait établi.

Notre règle éditoriale : chaque information de ce brief doit pouvoir changer une décision professionnelle. Si elle ne change aucune décision, elle n'y entre pas.

Chaque chiffre est cité avec sa source, sa date et son périmètre. Quand une vérification n'a pas pu être menée jusqu'à la source primaire, c'est écrit. Le temps de lecture annoncé est calculé sur le corps du numéro, hors blocs de sourçage, à 220 mots par minute.

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Ce brief rapporte des informations sourcées et ne constitue ni un conseil juridique, ni fiscal, ni financier. Les conditions doivent être vérifiées auprès des organismes concernés.

Olivier Grzesinski, analyste indépendant, Péruwelz, Belgique.

Fin du numéro 7

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