N° 13 · Lundi 26 octobre 2026 · Lecture : 24 min
Le Vertical Brief
L'économie des micro-dramas et de la fiction verticale, vérifiée à la source.
Au sommaire de ce treizième numéro : ReelShort entre dans l'application d'Orange en Afrique et au Moyen-Orient, avec un accès vendu par forfait de données et des marchés qu'aucune source ne nomme. Un taux de croissance de 28,4 pour cent, recopié dans le prospectus d'une introduction en bourse, que les deux bornes du même rapport ne redonnent pas. La plateforme gratuite de ByteDance retire la récompense en pièces qui payait le visionnage, pendant que la messagerie WeChat retire des dizaines de titres. Un appel à projets wallon de 216 000 EUR dont le règlement écarte, à la lettre, la fiction. Une part de deux tiers de séries générées par intelligence artificielle, qui mesure des sorties et non des vues. Et la phrase d'un cofondateur de studio sur ce qui retient le public d'une série verticale.
Une ligne traverse ce numéro. Ce qui décide de l'économie d'une série verticale se lit cette semaine dans des clauses qui ne parlent pas d'elle. Chez Orange, c'est le forfait de données qui donne accès au catalogue. À Mons, c'est la définition du mot format qui laisse la fiction dehors. Dans les deux cas, le texte ne nomme pas le micro-drama, et c'est lui qui fixe la place que le format peut y prendre.
Sept rubriques, toujours dans le même ordre, tous les lundis.
01 Le fait de la semaine
ReelShort entre chez Orange : dix-sept marchés annoncés, un accès par forfait de données, aucun pays nommé
Le fait. Le 15 octobre 2026, Orange Middle East and Africa, la branche du groupe Orange établie à Casablanca, et ReelShort, l'application de Crazy Maple Studio, annoncent un partenariat stratégique pluriannuel. Les séries de ReelShort sont proposées sur Max it TV, l'espace de divertissement de Max it, l'application à tout faire qu'Orange déploie en Afrique et au Moyen-Orient. Selon les reprises, l'accord porte sur dix-sept marchés. L'accès au catalogue passe par l'achat d'un forfait de données mobiles dédié, qui comprend le visionnage sans supplément pendant la validité du forfait. Aucun terme financier n'est publié.
Ce que l'on ne sait pas. Je n'ai retrouvé aucun communiqué d'Orange ni de Crazy Maple Studio. Quatre publications professionnelles, Ecofin Agency le 15 octobre, VideoAge International et Señal News le 16, C21Media le 18, et un site sénégalais en français, Osiris, rapportent l'accord en citant des déclarations des deux parties. Leur origine commune n'est pas établie. Aucune ne nomme un seul des dix-sept pays. Aucune ne donne le prix du forfait, la durée de l'accord, son exclusivité ni le partage des recettes. Deux reprises annoncent le lancement de quatre marchés en 2026, deux autres une première vague sans nombre d'ici la fin de l'année. Je ne tranche pas.
Le nombre dix-sept, rapporté à Orange. Le 23 novembre 2023, Orange présentait Max it dans un communiqué : une première version dans cinq pays, le Cameroun, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso et le Botswana, puis un déploiement par vagues dans les douze autres pays où le groupe est présent en Afrique et au Moyen-Orient. Cinq et douze font dix-sept. La coïncidence avec le périmètre de l'accord est arithmétique ; elle n'établit pas que les deux listes se recouvrent, et aucune source ne le dit. Des cinq premiers pays de Max it, quatre ont le français pour langue officielle ou de travail. Le même communiqué fixait à environ 45 millions d'utilisateurs actifs l'objectif de Max it pour 2025 ; les reprises de l'accord écrivent 39 millions d'utilisateurs, sans date ni définition.
Les chiffres d'audience, et ce qu'ils sont. Orange revendique plus de 180 millions d'abonnés mobiles, que C21Media rattache aux dix-sept marchés couverts et une autre reprise à la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Joey Jia, fondateur de Crazy Maple Studio, déclare selon C21Media une portée de près de 450 millions d'abonnés mobiles par l'ensemble des opérateurs partenaires de ReelShort, Orange comprise, sans liste ni date. Ces deux nombres décrivent des clientèles d'opérateurs, et non des spectateurs. Le numéro 11 citait un communiqué d'iQSTEL qui écrivait lui-même que ses 93 millions d'abonnés démarchés ne représentaient pas une distribution contractée. La différence, ici, est que l'opérateur est nommé et l'accord annoncé ; la ressemblance est que le nombre mis en avant reste celui des clients de l'opérateur.
Le déplacement. Le modèle décrit par les reprises n'est pas celui de l'application payante. Le spectateur n'achète ni pièces ni abonnement à ReelShort : il achète des données à Orange. Pour Orange, selon la reprise d'Osiris, le catalogue doit accroître la valeur de ses forfaits et l'adoption de Max it. Le revenu du programme se forme donc chez l'opérateur, et ce que reçoit l'éditeur dépend d'un partage que personne ne publie. Le numéro 9 décrivait le projet d'iQSTEL de facturer le micro-drama par la facture de l'opérateur ; le numéro 11 donnait, pour FlexTV en Amérique latine, 12,70 USD par mois de paiement. Ici, aucun prix consommateur n'est connu, et c'est le premier élément à relever, pays par pays, quand l'offre sera en ligne.
Qui est concerné. Les producteurs et ayants droit francophones. Si les marchés de l'accord recouvrent l'empreinte d'Orange, une part de la clientèle visée vit dans des pays francophones, sur un catalogue dont on ne sait pas s'il sera doublé ou sous-titré en français. C'est une hypothèse, que la liste des marchés confirmera ou non. Pour un catalogue français, la question utile à poser n'est pas l'audience revendiquée, mais la langue de la version distribuée et la part de la recette du forfait qui revient au contenu.
Sourçage
Ecofin Agency, Orange Partners With ReelShort to Bring Micro-Dramas to 17 African and Middle Eastern Markets, 15 octobre 2026, ecofinagency.com, relevé par le dispositif de repérage des sources de l'auteur le 20 octobre 2026, pour la date de l'annonce, les dix-sept marchés, les quatre marchés en 2026, l'accès par forfait de données et les 39 millions d'utilisateurs de Max it. VideoAge International, 16 octobre 2026, et Señal News, 16 octobre 2026, relevés par le même dispositif le 20 octobre 2026. C21Media, article d'Ed Waller du 18 octobre 2026, c21media.net, relevé par le même dispositif le 20 octobre 2026, pour la première vague sans nombre, le rattachement des 180 millions d'abonnés aux marchés couverts et la portée de près de 450 millions d'abonnés déclarée par Joey Jia. Osiris, Orange s'allie à ReelShort pour enrichir sa Super-App Max it d'un catalogue de micro-dramas, osiris.sn, relevé dans les résultats de recherche le 25 octobre 2026, pour les objectifs déclarés par Orange. Ces publications ne comptent pas pour une seule source, leur origine commune n'étant pas établie ; aucun communiqué des parties n'a été retrouvé, la salle de presse d'Orange ayant opposé un écran de blocage le 20 octobre 2026. Orange, Orange introduces its super-app, Max it, to simplify everyday life for people in Africa and the Middle East, communiqué du 23 novembre 2023, newsroom.orange.com, relevé dans les résultats de recherche le 25 octobre 2026, pour les cinq premiers pays, les douze pays suivants et l'objectif de 45 millions d'utilisateurs actifs. iQSTEL, FlexTV : rappelés d'après les numéros 9 et 11. Somme de cinq et douze : calcul de l'auteur. L'hypothèse sur la part francophone de la clientèle est de l'auteur.
02 Radar marché
Minivela prend une participation majeure, non chiffrée, dans un producteur mexicain et équatorien de 1 800 micro-dramas.
Selon son communiqué du 22 octobre, diffusé par News Direct et daté de Miami, Minivela, société américaine de micro-drama bilingue, acquiert une participation majeure au capital de Red Minds Films, producteur de micro-dramas en espagnol implanté au Mexique et en Équateur, fondé par Juan Altamirano et Jordan Soria. Red Minds Films revendique environ 1 800 micro-dramas produits depuis 2019, plus de 38 millions d'abonnés sur Facebook, YouTube, Instagram et TikTok, dont environ 3,8 millions aux États-Unis, et environ 185 millions de vues vidéo par mois. Le communiqué précise que l'opération comprend une propriété intellectuelle originale détenue en commun, des licences de contenu, des droits mondiaux exclusifs de revente sur le catalogue de Red Minds Films et des adaptations en anglais et en portugais.
Le communiqué écrit major ownership stake : une participation majeure n'est pas une participation majoritaire, et ni le pourcentage, ni le prix, ni la date de clôture ne sont publiés. Les audiences sont déclarées par les parties, sans date d'arrêté. L'élément qui engage le plus est la revente : Minivela devient le vendeur exclusif, dans le monde, d'un catalogue de 1 800 titres dont la durée, la langue et l'état des droits ne sont pas décrits. Pour un acheteur francophone, c'est désormais l'interlocuteur à qui demander une version doublée.
Mediacorp met en ligne vingt épisodes en vingt jours ouvrables, avec six marques dans le récit.
Selon C21Media, le 19 octobre, le groupe singapourien Mediacorp ouvre LOVE Angels, micro-drama de vingt épisodes produit par Wawa Pictures, présenté comme sa première fiction de commerce intégré. Un épisode est mis en ligne chaque jour ouvrable du 19 octobre au 13 novembre, sur les comptes sociaux de la station Love 972, le service mewatch et une chaîne YouTube du groupe. Six marques sont intégrées dans huit épisodes, et des épisodes choisis passent sur Channel 8 avec des codes renvoyant à l'achat.
Aucun communiqué de Mediacorp n'a été retrouvé. Le calendrier, lui, se vérifie : du lundi 19 octobre au vendredi 13 novembre, il y a exactement vingt jours ouvrables, calcul qui est le mien. Ni montant, ni durée d'épisode, ni répartition des huit épisodes entre les six marques ne sont publiés, et la qualification de l'opération, parrainage, placement ou affiliation, n'est pas donnée. Le numéro 9 relevait chez Mediacorp une déclinaison courte d'une série existante ; ici, le groupe écrit la série autour de ses annonceurs.
TVB tourne sa première série verticale pour Hongguo, dérivée d'un succès de 2004.
Selon The Paper et une reprise de IT zhi jia par Sina, le 17 octobre, le groupe de télévision hongkongais TVB déclare un accord avec Hongguo, la plateforme de micro-drama du groupe ByteDance, et engage le 16 octobre, à Hengdian, le tournage de sa première série au format vertical, dérivée de Jinzhi yunie, série de palais diffusée en 2004. Les reprises renvoient au compte officiel de l'émetteur sur WeChat.
Ce compte n'a pas été consulté. Aucun terme de l'accord, aucun nombre d'épisodes, aucune durée et aucune date de mise en ligne ne sont publiés, et les titres anglais de la série diffèrent d'une publication à l'autre. TVB est coté à Hong Kong ; je n'ai pas consulté les annonces de cette place. Le schéma est celui que la rubrique 02 du numéro 12 relevait chez Globo : un diffuseur tire du format court une suite de son propre catalogue, ici pour la plateforme d'un tiers.
Le régulateur chinois publie un rapport : 490 000 titres mis en ligne en neuf mois, et un multiplicateur qui ne se recalcule pas.
Selon une dépêche de la télévision centrale chinoise reprise le 20 octobre par la radio centrale de Chine et par 21 Jingji, l'Administration nationale de la radio et de la télévision a présenté à Beihai, pendant la semaine audiovisuelle Chine et Association des nations de l'Asie du Sud-Est, un rapport sur la diffusion internationale du micro-drama. Il porte 33 000 micro-dramas mis en ligne en Chine en 2025 et 490 000 de janvier à septembre 2026, qu'il présente comme treize fois le total de l'année précédente, ainsi qu'un marché hors de Chine de plus de 6 milliards USD pour 2026, en hausse de 67 pour cent.
Le rapport lui-même n'a pas été retrouvé, ni sur les pages qui le relaient ni sur le site de l'autorité, dont la page d'accueil ne le mentionne pas. Le rapport entre 490 000 et 33 000 est d'environ 14,8, et non de treize, calcul qui est le mien ; les reprises ne disent pas si les deux nombres comptent la même chose, des titres déposés, des titres diffusés ou des épisodes. La valeur de plus de 6 milliards USD n'est rapportée à aucune source de mesure et les reprises ne disent pas s'il s'agit d'une prévision. Je ne la rapproche d'aucune autre estimation.
Les rendez-vous
Mardi 27 octobre : mise en ligne sur Globoplay du second micro-drama dérivé d'une novela, décrit au numéro 12.
Dimanche 1er novembre : la fonction de pièces de Hongguo n'est plus proposée aux nouveaux utilisateurs, rubrique 04 ; ouverture annoncée de Snäxx, décrite au numéro 8.
Mardi 3 novembre : prochaine date de dépôt de la MFG Baden-Württemberg.
Vendredi 6 novembre, avant 17 h : clôture de l'appel à projets de Wallimage, rubrique 05.
Début novembre, à Bruxelles : tournage de la série verticale d'AT Production, décrite au numéro 12.
Jeudi 12 novembre, 23 h 59 : clôture de l'appel de la SODEC sur les contenus culturels numériques québécois.
Vendredi 13 novembre : dernier épisode de LOVE Angels.
Dimanche 15 novembre : annonce des vingt finalistes du concours Vertival.
Lundi 23 et mardi 24 novembre : rencontres des producteurs retenus par Wallimage ; décision le jeudi 10 décembre.
Lundi 30 novembre : clôture des dépôts du concours international de micro-drama du régulateur chinois.
Du 30 novembre au 3 décembre : Content London.
Mardi 1er décembre : début de la diffusion de Fake It, Mythos de Noël sur france.tv.
Avant le jeudi 31 décembre : retrait complet de la fonction de pièces de Hongguo.
Sourçage
Minivela, Minivela Acquires Major Stake in Red Minds Films, Latin America's Viral Microdrama Powerhouse, communiqué du 22 octobre 2026, 13 h 29, heure de l'Est des États-Unis, diffusé par News Direct, newsdirect.com, consulté le 25 octobre 2026, pour la participation, les fondateurs, les chiffres d'audience et de catalogue déclarés, la propriété intellectuelle commune, les droits exclusifs de revente et les adaptations. C21Media, article d'Ed Waller du 19 octobre 2026, c21media.net, relevé par le dispositif de repérage des sources de l'auteur le 20 octobre 2026, pour LOVE Angels ; publication de ContentAsia sur le même sujet non consultée, authentification requise ; aucun communiqué de Mediacorp retrouvé. Nombre de jours ouvrables : calcul de l'auteur. The Paper, article de Xia Yining du 17 octobre 2026, thepaper.cn, et Sina, reprise de IT zhi jia du 17 octobre 2026, finance.sina.com.cn, relevés par le même dispositif le 20 octobre 2026, pour TVB et Hongguo ; compte officiel de l'émetteur et annonces de la bourse de Hong Kong non consultés. Radio centrale de Chine, article de Liao Mi et Liu Chun du 20 octobre 2026, news.cnr.cn, et deux reprises de 21 Jingji du même jour, issues de la même dépêche de la télévision centrale chinoise et comptées pour une seule source, relevées par le même dispositif le 22 octobre 2026, pour le rapport de l'autorité ; rapport non retrouvé, page d'accueil de nrta.gov.cn relevée par le même dispositif le 22 octobre 2026 sans mention du rapport. Rapport entre les deux nombres de titres : calcul de l'auteur. Traductions du chinois par l'auteur. Dates des rendez-vous : telles que publiées par les sources citées dans ce numéro et dans les numéros 8, 9, 11 et 12 ; Wallimage : voir le sourçage de la rubrique 05 ; Hongguo : voir le sourçage de la rubrique 04. Raccords avec les numéros 9 et 12 : rappelés d'après ces numéros.
03 Le chiffre vérifié
28,4 pour cent : le taux de croissance qu'un prospectus recopie, et que les bornes du même rapport ne redonnent pas
Le chiffre. Le 22 octobre 2026, Ambitious Entertainment, société du Nevada dont les bureaux sont à Vancouver, dépose auprès de la Securities and Exchange Commission le cinquième amendement de sa déclaration d'enregistrement, en vue d'une introduction au NYSE American. Dans une section intitulée stratégie de monétisation multiplateforme avec micro-dramas, le prospectus cite le rapport The Micro-Drama Economy de Media Partners Asia : un marché du micro-drama hors de Chine d'environ 1,4 milliard USD en 2024, qui pourrait atteindre environ 9,5 milliards USD en 2030, soit, selon le texte, un taux de croissance annuel composé d'environ 28,4 pour cent.
La vérification. Passer de 1,4 à 9,5 milliards en six ans suppose une croissance annuelle d'environ 37,6 pour cent, et non de 28,4. Un taux de 28,4 pour cent appliqué à 1,4 milliard pendant six ans conduit à environ 6,3 milliards en 2030. Ces deux calculs sont les miens et se refont sur les trois valeurs citées. Le prospectus donne aussi la part des États-Unis, 819 millions USD en 2024 et 3,8 milliards en 2030 : la croissance implicite est d'environ 29,1 pour cent, plus proche du taux cité, sans le redonner exactement.
D'où vient l'écart. Il n'est pas né dans le prospectus. Le 17 septembre 2025, exchange4media rendait compte du même rapport avec les mêmes trois valeurs, 1,4 milliard, 9,5 milliards et 28,4 pour cent, sans préciser la période du taux. Une seconde reprise, World Screen, écrit une croissance de plus de 28 pour cent à compter de 2024. Je n'ai pas eu accès au rapport de Media Partners Asia, et je ne sais pas si le taux y porte sur une autre période, un autre périmètre ou s'il s'agit d'une erreur. Le prospectus ne tranche pas davantage : il précise que la société n'a pas vérifié les hypothèses, les méthodes ni les estimations de Media Partners Asia. Le numéro 1 utilisait déjà ces bornes de 1,4 et 9,5 milliards ; il n'avait pas relevé que le taux publié avec elles ne s'en déduit pas.
Ce que le document dit de la société. Le prospectus annonce un premier micro-drama, Criminal Love, achevé en août 2026 et dont la sortie est prévue en octobre, puis deux autres, My Patsy Husband Killed the President et Mob Boss, en production pour une sortie en novembre. Il ne nomme aucune plateforme pour ces trois titres, n'en donne ni le nombre d'épisodes ni le budget, et indique que la société ne détient aucun accord de distribution de longue durée avec des plateformes de diffusion en continu. Il indique aussi que la totalité de son revenu de 2024 et de 2025 provient de prestations de production, sans aucun revenu de contenu propre. Le déficit cumulé atteint 14 619 181 USD au 31 décembre 2025, et le commissaire aux comptes exprime un doute substantiel sur la continuité d'exploitation. L'offre porte sur 4 000 000 actions entre 4 et 5 USD, soit 18 millions USD au point médian.
Deux incohérences du même document. La page de couverture fixe la valeur nominale de l'action à 0,0001 USD, le résumé de l'offre à 0,001 USD. La couverture donne pour bureaux principaux une adresse de Hastings Street West, à Vancouver, la section d'information sur la société une adresse de la sixième avenue Ouest, dans la même ville. Je les signale sans les interpréter.
Pour qui ce chiffre compte. Pour quiconque reprend, dans un plan d'affaires ou un dossier de financement, un taux de croissance trouvé dans un document public. Ce prospectus montre qu'un taux peut circuler pendant plus d'un an, d'un compte rendu de presse à un dépôt réglementaire, sans que personne ne le recalcule sur ses propres bornes. Un taux de croissance ne se cite qu'avec ses deux bornes et sa période, et il se refait avant d'être cité.
Sourçage
Ambitious Entertainment, Inc., Form S-1/A, Amendment No. 5, déposé le 22 octobre 2026, numéro d'enregistrement 333-295935, sec.gov, consulté le 25 octobre 2026 : page de couverture, pour la fourchette de prix, le nombre d'actions, la valeur nominale et l'adresse des bureaux ; résumé du prospectus, sections Company Overview pour l'origine du revenu de 2024 et de 2025, Multi-Platform Monetization Strategy with Micro-Dramas pour les valeurs attribuées à Media Partners Asia, l'avertissement sur leur absence de vérification et les trois titres, Corporate Information pour la seconde adresse et The Offering pour la seconde valeur nominale ; résumé des facteurs de risque et facteurs de risque pour l'absence d'accord de distribution de longue durée, le déficit cumulé et le doute sur la continuité d'exploitation. Signalement initial par le dispositif de repérage des sources de l'auteur le 22 octobre 2026. exchange4media, article du 17 septembre 2025, exchange4media.com, consulté le 25 octobre 2026, et World Screen, article non daté dans le rendu obtenu, worldscreen.com, consulté le 25 octobre 2026, pour les valeurs et le taux publiés à la sortie du rapport. Media Partners Asia, The Micro-Drama Economy, rapport de septembre 2025, non consulté. Taux implicites et valeur 2030 au taux cité : calculs de l'auteur. Bornes de 1,4 et 9,5 milliards : rappelées d'après le numéro 1.
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04 Réglementaire et social
Chine : la plateforme gratuite de ByteDance retire les pièces qui payaient le visionnage, la messagerie WeChat retire des dizaines de titres
Le fait. Le 21 octobre 2026, Hongguo, l'application de micro-drama gratuite du groupe ByteDance, publie sur son compte officiel un avis relatif au projet de retrait de sa fonction de pièces. À compter du 1er novembre 2026, les utilisateurs activés ce jour-là ou après n'ont plus accès à la fonction ni à ses points d'entrée ; ceux qui l'utilisaient déjà ne sont pas affectés à ce stade. Avant le 31 décembre 2026, la fonction est retirée pour tous les utilisateurs et l'émission de pièces cesse. L'avis précise que les pièces déjà obtenues et le solde en espèces sont préservés, et renvoie à une communication ultérieure les dates limites d'échange des pièces et de retrait du solde.
Ce que sont ces pièces. L'avis ne les définit pas. The Paper, qui reproduit le texte, les décrit comme des points de récompense virtuels accumulés en regardant des séries, en se connectant ou en accomplissant des tâches, et convertibles principalement en espèces. Sur une application dont les séries sont gratuites et financées par la publicité, la fonction rémunérait donc le temps passé. Le texte reproduit comporte une légère discordance que je signale : son préambule écrit avant la fin décembre, son article deux avant le 31 décembre.
Le motif, et ce qui le fonde. L'avis n'en donne aucun. Une reprise de TechWeb publiée par Tencent News attribue à une source anonyme citée par un quotidien financier le motif de la lutte contre l'usage excessif, et à deux analystes anonymes une recherche de qualité du trafic et de prix publicitaires plus élevés. Elle rapporte aussi que le service client dément tout passage à un modèle payant. Rien de cela ne figure dans l'avis, et je ne retiens aucun de ces motifs.
La même semaine, une autre règle. Le dispositif de sécurité de WeChat, Shanhu anquan, publie un avis de traitement des micro-dramas non conformes, daté dans son intitulé du mois de septembre 2026 et reproduit par The Paper le 22 octobre. L'avis vise les micro-dramas en prises de vues réelles, d'animation et produits par intelligence artificielle, déclare avoir retiré des dizaines de titres pour contenu de faible qualité, intrigue exagérée, valeurs problématiques ou atteinte à des droits, et avoir pris des mesures contre des mini-programmes de micro-drama. Il invoque les directives de l'autorité nationale et du bureau de la radio et de la télévision du Guangdong, sans les citer par leur référence ni leur date. Les listes figurent en images, que je n'ai pas relevées. Sa date d'émission n'est pas établie.
Le raccord. Le numéro 8 décrivait l'ordonnance 16, en vigueur depuis le 1er septembre, et le numéro 9 les premières délivrances du Guangdong. Ni l'avis de Hongguo ni celui de WeChat ne citent l'ordonnance, et je ne les en fais pas découler. Ils montrent en revanche que les deux principales portes d'accès au micro-drama gratuit en Chine, une application et une messagerie, ont toutes deux modifié leurs règles d'exploitation en octobre.
SAG-AFTRA. Le 19 octobre, TheWrap rapporte que le syndicat a approuvé des dizaines de productions sous l'accord vertical, sans en donner le nombre, et situe le premier anniversaire de l'accord la semaine précédente. Le syndicat et sa directrice adjointe des contrats, Jessica Johnson, décrivent un dispositif en fonctionnement. Le modèle d'accord publié prévoit pourtant, à sa section 1.E, la fin automatique de ses termes au 30 juin 2026, sauf prorogation par le syndicat, et le compte rendu ne mentionne aucune prorogation. Un accord qui fête son premier anniversaire en octobre a donc franchi son terme écrit trois mois et demi plus tôt, calcul qui est le mien ; l'article n'établit ni la prorogation ni son absence. Ma demande au syndicat, envoyée le 10 août et relancée en septembre et dont il avait accusé réception le 17 septembre, n'a reçu aucune réponse sur le fond à la date de rédaction.
Qui est concerné. Les producteurs francophones qui licencient des séries à des plateformes chinoises gratuites, ou qui y déclinent une propriété intellectuelle. Le revenu d'une série sur ces plateformes dépend du temps passé et du prix de la publicité, deux grandeurs que le retrait d'une incitation au visionnage peut déplacer dans des sens opposés. Pour un contrat dont la rémunération est indexée sur les vues ou sur la recette publicitaire, la question à poser à la plateforme porte sur l'effet attendu de ce retrait à partir du 1er novembre. Aucune source ne le chiffre à ce jour.
Sourçage
Hongguo duanju, Avis relatif au projet de retrait de la fonction de pièces de Hongguo duanju, publié sur le compte officiel de la plateforme le 21 octobre 2026, compte non consulté ; texte relevé sur la reproduction de The Paper, rubrique Pengpai hao zhengwu, Hongguo duanju, zuixin gonggao, 22 octobre 2026, 20 h 24, heure de Pékin, reprise d'un compte tiers, thepaper.cn, consultée le 25 octobre 2026, pour les dates, les catégories d'utilisateurs, la préservation des pièces et du solde, le renvoi à une communication ultérieure, la réponse du service client et la définition des pièces, qui est celle de la publication et non de l'avis. Tencent News, reprise d'un article de TechWeb du 22 octobre 2026, news.qq.com, relevée par le dispositif de repérage des sources de l'auteur le 22 octobre 2026, pour les motifs attribués à des sources anonymes. Shanhu anquan, avis de traitement des micro-dramas non conformes du mois de septembre 2026, relevé sur la reproduction de The Paper du 22 octobre 2026, thepaper.cn, relevée par le même dispositif le 22 octobre 2026 ; compte de l'émetteur non consulté, listes en images non relevées. Traductions du chinois par l'auteur. Ordonnance 16 et délivrances du Guangdong : rappelées d'après les numéros 8 et 9. TheWrap, How SAG-AFTRA Is Dragging Hollywood Into the Vertical Microdrama Boom, article de Tess Patton du 19 octobre 2026, thewrap.com, consulté le 25 octobre 2026, pour les dizaines de productions, le premier anniversaire et les propos de Jessica Johnson, rapportés sans citation. SAG-AFTRA, 2025 SAG-AFTRA Special New Media Agreement, Vertical Programs, modèle d'accord, section 1.E, consulté par l'auteur sur la copie conservée au dossier du brief. Demande de l'auteur et accusé de réception : rappelés d'après les numéros 7 et 8. Intervalle entre le 30 juin et la mi-octobre : calcul de l'auteur.
05 La fenêtre francophone
Wallimage : 216 000 EUR pour des formats numériques, et un règlement qui écarte la fiction
Le fait. Le 8 septembre 2026, Wallimage, le fonds d'investissement audiovisuel de la Région wallonne, a ouvert un appel à projets consacré aux formats originaux destinés à une diffusion sur les plateformes d'hébergement de contenus. L'enveloppe globale est de 216 000 EUR. Les dossiers sont à déposer avant le vendredi 6 novembre, 17 h. La page de l'appel porte une date de dernière modification au 16 octobre, sans indiquer ce qui a changé. J'ai relu le règlement complet, que la page met en lien, pour savoir si une série verticale peut y entrer.
Ce que le règlement entend par format. C'est le point décisif. Le projet peut relever de n'importe quel genre de format audiovisuel, mais le règlement définit le format comme la mise en forme originale d'une idée ou d'un concept dont la mécanique est conçue pour être reproductible, exportable et déposable juridiquement. Il ajoute que le format ne peut se définir comme appartenant strictement aux programmes de stock, qu'il énumère : court métrage, fiction et documentaire, le principe de mécanique étant essentiel. Une série verticale de fiction, écrite et tournée comme une œuvre, relève à la lettre des programmes de stock. Elle n'entre dans l'appel que si elle repose aussi sur une mécanique reproductible et exportable, au sens où l'est un format de jeu ou de divertissement. Le règlement ne mentionne ni le format vertical, ni le micro-drama, ni l'intelligence artificielle.
Ce que le fonds apporte, et ce qu'il récupère. L'aide prend la forme d'une avance conditionnellement récupérable, plafonnée à la moitié du coût global de fabrication. Le projet doit générer en Wallonie au moins 150 pour cent de l'avance en dépenses éligibles, et le porteur doit justifier d'au moins 30 pour cent du budget en financement acquis. En cas de monétisation, toutes les recettes sont partagées entre le fonds et le producteur au prorata de leurs apports dans le budget, jusqu'à ce que le fonds ait perçu 150 pour cent de son avance ; au-delà, le fonds perçoit 10 pour cent des recettes nettes, sans limite de montant, pendant vingt ans. En cas de cession du format à un tiers, le remboursement va jusqu'à 150 pour cent de l'avance, puis 5 pour cent des recettes nettes pendant vingt ans. Pour une avance égale à la moitié du coût, et sans autre financeur, le fonds perçoit ainsi la moitié de chaque euro de recette jusqu'à ce que les recettes atteignent une fois et demie le coût du format, calcul qui est le mien. Aucun remboursement n'est dû si le format ne trouve pas d'audience permettant sa monétisation et que le producteur y renonce. L'aide relève du régime de minimis, plafonné à 300 000 EUR sur trois ans.
Le contraste avec Bruxelles. Le numéro 12 décrivait le règlement de screen.brussels, qui déclare recevable tout type et tout format de produit audiovisuel et réserve une catégorie aux séries de moins de dix minutes par épisode. Les deux fonds régionaux belges francophones abordent donc les séries courtes par deux portes opposées : Bruxelles par la durée de l'épisode, qui admet la fiction courte ; la Wallonie, dans cet appel, par la mécanique du concept, qui écarte la fiction pure. Aucun des deux textes ne nomme le format vertical.
Ce que dit le CNC, en France. Un article publié le 16 juillet par le Centre national du cinéma et de l'image animée, consacré à deux séries verticales françaises, cite une productrice de Pandora Créations qui travaille avec des budgets divisés par trois ou quatre et juge que ces séries ne correspondent pas toujours aux cadres habituels de soutien ou de diffusion. Les deux séries ont pourtant mobilisé des aides existantes : le soutien automatique du CNC par l'intermédiaire d'un coproducteur, des collectivités et la Procirep pour la première ; l'aide sélective du fonds de soutien audiovisuel du CNC, la Région Grand Est et un dispositif régional pour la seconde, une série de vingt épisodes d'environ trois minutes. Comme en Bade-Wurtemberg au numéro 12, le format vertical entre par les guichets ordinaires, non par une ligne qui lui serait dédiée.
AT Production. Ma demande de presse du 15 octobre au producteur bruxellois qui tourne en novembre une série verticale de trente épisodes, décrite au numéro 12, demandait une réponse avant le 28 octobre. Elle n'a pas reçu de réponse à la date de rédaction.
Qui est concerné. Les producteurs wallons qui préparent un dossier pour le 6 novembre. Pour une série verticale de fiction, la question à trancher avant le dépôt est celle de la mécanique : le dossier doit montrer un concept reproductible et exportable, et non seulement une histoire. Le règlement exige d'ailleurs de nommer la plateforme de diffusion visée et le format, durée et nombre d'épisodes potentiels. Une question reste à poser au fonds, et je ne l'ai pas posée : un micro-drama dont le schéma narratif et le modèle de déclinaison sont conçus pour être adaptés d'un pays à l'autre relève-t-il, à ses yeux, d'une mécanique au sens du règlement.
Sourçage
Wallimage, Wallimage lance un appel à projets pour faire émerger les formats numériques de demain, publié le 8 septembre 2026, date de dernière modification de la page au 16 octobre 2026, wallimage.be, consulté le 25 octobre 2026, pour l'enveloppe, la forme et le plafond de l'avance, l'obligation de dépenses, le calendrier et les modalités de dépôt. Wallimage, Règlement 2026, Appel à projets, Financement de concepts originaux destinés à une diffusion sur plateformes d'hébergement de contenus, wallimage.be, consulté le 25 octobre 2026 : section 1 pour la décision du conseil d'administration du 11 mai 2026, section 2.1 pour la définition du format et l'exclusion des programmes de stock, section 2.3 pour l'enveloppe, le plafond, les éléments du dossier et le financement acquis de 30 pour cent, section 3 pour les dépenses éligibles, section 3.1 pour le régime de minimis, section 6 pour les conditions de remboursement. Signalement initial par le dispositif de repérage des sources de l'auteur le 20 octobre 2026. Centre national du cinéma et de l'image animée, La fiction française face au développement des séries verticales, « Faire du contenu de qualité sur téléphone », 16 juillet 2026, cnc.fr, consulté le 25 octobre 2026, pour les propos de Saïda Ghouddane, rapportés sans citation, les financements des deux séries et le format de la seconde. screen.brussels, MFG et AT Production : rappelés d'après le numéro 12. Demande de presse de l'auteur à AT Production du 15 octobre 2026, sans réponse au 25 octobre 2026. Partage des recettes dans le cas d'une avance égale à la moitié du coût : calcul de l'auteur. La lecture de l'exclusion des programmes de stock appliquée à la série verticale de fiction est de l'auteur.
06 Le signal faible
Deux tiers des sorties, mais pas des vues : ce que mesure la part des séries générées
Le fait. Selon The Hollywood Reporter, le 20 octobre, le rapport trimestriel What We Watched on Vertical du cabinet Owl and Co établit qu'au troisième trimestre 2026, deux tiers des sorties de fiction verticale de vingt grandes plateformes hors de Chine ont été générées par intelligence artificielle, contre 3 pour cent au premier trimestre et 28 pour cent au deuxième. Sur les applications payantes, un seul titre en prises de vues réelles figure parmi les cinq premiers en minutes regardées, et deux parmi les vingt premiers. Le premier du classement est un titre de ReelShort généré par intelligence artificielle.
Les autres mesures de la semaine. Le rapport du régulateur chinois décrit en rubrique 02 attribue, selon les reprises, plus de 60 pour cent des micro-dramas chinois exportés à fin septembre à une production par intelligence artificielle. Un compte rendu de 21 Jingji du 22 octobre rapporte que la part de titres générés chez l'éditeur de ReelShort serait passée de moins de 5 pour cent au premier semestre à 90 pour cent en septembre, sans source publiée. Un article de l'institut Xiaguang zhiku, publié le 21 octobre par le même quotidien, écrit que les titres générés représentent 95 pour cent de la production et 4 pour cent des vues, sans période ni source. Ces valeurs ne portent ni sur le même périmètre, ni sur la même période, ni sur la même unité, et je ne les rapproche pas.
Le signal. Il tient à l'unité de compte. La part de deux tiers mesure des sorties, c'est-à-dire l'offre, et l'offre se déplace vite parce qu'un titre généré coûte moins à produire. Ce que le spectateur regarde est une autre mesure. Sur ce point, Owl and Co ne publie, selon le compte rendu, qu'un classement des titres les plus regardés du trimestre, qui va dans le sens de l'offre. La valeur de Xiaguang zhiku, 95 pour cent de la production pour 4 pour cent des vues, va en sens inverse, mais elle n'a ni période ni source. Personne ne publie cette semaine la part des vues totales qui revient aux séries générées. Le débat sur l'intelligence artificielle dans le micro-drama se mène donc sur la mesure la plus facile à produire, le nombre de sorties, et non sur celle qui fixe la recette. Cette lecture est la mienne.
Le contre-argument. Il est sérieux, et il vient du même rapport. Selon The Hollywood Reporter, Owl and Co observe en Chine un retour vers les prises de vues réelles, constate que le nombre de séries jouées progresse en même temps que celui des séries générées, et relève chez ReelShort que les titres en prises de vues réelles ont davantage de chances de rester dans les dix premiers pour cent des vues trente jours après leur sortie. Le classement en minutes du trimestre ne dit donc rien de la durée de vie d'un titre. Je n'ai pas eu accès au rapport, et je ne connais ni la liste des vingt plateformes ni la définition retenue d'une série générée. Une lettre professionnelle du 21 octobre rattache d'ailleurs la part de deux tiers à la Chine, et non au hors de Chine : je retiens la formulation du compte rendu d'origine, sans pouvoir la vérifier au rapport.
Qui est concerné. Les producteurs francophones de séries jouées, et les fonds qui les soutiennent. Le numéro 12 rapportait que screen.brussels attend une déclaration précise de ce qui a été produit avec l'intelligence artificielle. Si les plateformes payent à la vue ou à la minute, la valeur d'une série jouée se défendra par sa durée de vie dans le catalogue, et non par sa part des sorties. C'est la donnée à demander à une plateforme avant de signer : la courbe de vues d'un titre comparable sur trente jours.
Sourçage
Yahoo Entertainment, republication de l'article de Katie Kilkenny pour The Hollywood Reporter, Two-Thirds of Microdramas Released in Latest Quarter Outside China Were AI Generated, Says Report, 20 octobre 2026, 14 h UTC, yahoo.com, consulté le 25 octobre 2026, pour les parts trimestrielles, le périmètre de vingt plateformes, les classements en minutes, le retour vers les prises de vues réelles en Chine et l'observation sur la durée de vie des titres chez ReelShort ; page de l'éditeur d'origine non récupérée par le dispositif de repérage des sources de l'auteur les 20 et 22 octobre 2026 ; rapport d'Owl and Co non consulté. Cynopsis, lettre du 21 octobre 2026, article de Victoria McNally, cynopsis.com, relevée par le même dispositif le 22 octobre 2026, pour le rattachement divergent à la Chine. Rapport du régulateur chinois : voir le sourçage de la rubrique 02. 21 Jingji, articles de Wang Qixin et Lei Yuwei du 22 octobre 2026, et article signé Xiaguang zhiku du 21 octobre 2026, 21jingji.com, relevés par le même dispositif le 22 octobre 2026 ; aucun relevé de DataEye ni rapport de Xiaguang zhiku consulté. Traductions du chinois par l'auteur. screen.brussels : rappelé d'après le numéro 12. La lecture du signal est de l'auteur.
07 La phrase de la semaine
« They've proven that when it comes to vertical dramas, home-grown talent and content creators are frequently more popular and engaging than content featuring traditional TV stars. »
« Ils ont prouvé qu'en matière de séries verticales, les talents locaux et les créateurs de contenu sont souvent plus populaires et suscitent plus d'engagement que les contenus portés par des vedettes traditionnelles de la télévision. » Carlos Ponce, cofondateur et associé principal de Minivela, à propos des deux fondateurs de Red Minds Films, communiqué de Minivela du 22 octobre 2026. (Traduction de l'auteur.)
Ce qui la rend intéressante. Elle est prononcée la semaine où TheWrap décrit l'inverse. Selon son compte rendu du 19 octobre, l'accord vertical de SAG-AFTRA a ouvert le format à des noms d'Hollywood, dont James Franco ou Taye Diggs, et des producteurs y voient le moyen d'attirer un public nouveau. Minivela, qui achète un producteur dont les 38 millions d'abonnés déclarés ont été construits par des personnages récurrents et sans vedettes, défend la position exactement contraire. Les deux ne se contredisent pas tout à fait : TheWrap cite aussi un producteur pour qui l'association d'un interprète suivi par le public du vertical et d'un nom connu du cinéma est la combinaison qui réussit.
Ce que la phrase engage. Elle n'est pas une mesure, mais l'argument commercial de l'acquéreur. Le communiqué ne publie aucune comparaison d'audience entre des séries avec et sans vedettes, et Red Minds Films produit pour les réseaux sociaux, où la notoriété du créateur précède la série. Le numéro 12 citait une dirigeante de studio pour qui le format n'est pas une télévision réduite ; la phrase de cette semaine en tire la conséquence sur le casting. Elle désigne une économie où la valeur d'un interprète tient à l'audience qu'il apporte, et non à son cachet.
Ce que cela implique, et c'est une lecture. Pour un producteur francophone, le choix entre un nom connu et un interprète suivi par le public du vertical ne se règle pas sur une impression, mais sur des données que les plateformes détiennent et ne publient pas : la rétention par série selon la distribution. Tant que ces données ne circulent pas, la phrase de Minivela et le constat de TheWrap restent deux positions d'acteurs intéressés, chacune adossée à son propre modèle.
Sourçage
Minivela, Minivela Acquires Major Stake in Red Minds Films, Latin America's Viral Microdrama Powerhouse, communiqué du 22 octobre 2026, diffusé par News Direct, newsdirect.com, consulté le 25 octobre 2026, pour la phrase citée, traduite de l'anglais, la fonction de Carlos Ponce et l'objet de sa déclaration ; texte du communiqué également transmis à l'auteur le 25 octobre 2026. TheWrap, article de Tess Patton du 19 octobre 2026, thewrap.com, consulté le 25 octobre 2026, pour les noms cités et les propos d'un producteur de Snow Story Productions, rapportés sans citation. Phrase du numéro 12 : rappelée d'après ce numéro. La lecture proposée dans la dernière partie de la rubrique est de l'auteur.
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Olivier Grzesinski, analyste indépendant, Péruwelz, Belgique.
Fin du numéro 13
La suite, lundi prochain
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